Accueil A la une Naissance de 9 bébés: larmes de joie ou d’angoisse pour Halima?

Naissance de 9 bébés: larmes de joie ou d’angoisse pour Halima?

Neuf bébés en un accouchement, une première mondiale officielle 'Ph. Illustration/topsante.com)

Lorsque l’enfant parait, le cercle de famille applaudit à grands cris. Victor Hugo, pouvait difficilement décrire mieux, l’émotion et les larmes de joie d’une mère qui tient entre ses mains, le merveilleux fruit de neuf mois de journées pas toujours paisibles et de nuits souvent blanches. Mais qu’aurait dit le célèbre poète français, lorsqu’au bout de 6 mois et quelques jours de grossesse, Halima Cissé, 25 ans, a été contrainte d’accoucher par césarienne, et s’est retrouvée avec neuf bébés alors qu’elle en attendait sept, selon l’échographie, ce moyen qui permet de voir, entre autres, dans l’utérus et dans le ventre, et que ma grand-mère qualifiait de «sorcellerie de blanc»? L’issue, pour l’instant heureuse, de la folle lutte engagée par les médecins de la clinique marocaine qui a accueilli la désormais mère de nonuplets, mériterait sans doute des applaudissements et des cris. Mais la suite des événements, notamment la survie des enfants, qui restent des prématurés, et par la suite leur quotidien et leur éducation, ne sera certainement pas une partie de plaisir pour des parents qui ont dû bénéficier d’une chaîne de solidarité pour le suivi de cette grossesse à hauts risques.

Certes, en Afrique, l’enfant est un don de Dieu, mais certaines mères, à court de moyen ou pour grossesse non désirée, n’hésitent pas à s’en débarrasser, jetant ces innocents et frêles êtres dans les toilettes, les puits, les décharges publiques ou simplement au coin de la rue. Sous les tropiques où de nombreuses familles ont oublié que l’homme a droit à trois repas quotidiens, car certains ne mangent plus que quand ils trouvent de quoi se mettre sous la dent, un enfant, a fortiori, neuf qui viennent grossir d’un coup le nombre de bouches à nourrir, cela devient forcément un casse-tête. S’il faut ajouter au tableau des charges, les soins de santé, les frais de scolarité, même si l’on sacrifie les loisirs qui constituent également tout un budget, les larmes de joie de Dame Cissé pourraient bien muer en larmes d’angoisse, quand les neuf anges se sont présentés en même temps, ce 4 mai. En attendant, le plus urgent pour les blouses blanches de cette clinique marocaine, c’est de maintenir en vie, maman et ses cinq filles et quatre garçons qui ont frappé, en même temps, à la porte d’un monde de joies et de peines.

Halima Cissé peut déjà s’enorgueillir de marquer une première mondiale officielle, mais le cercle de famille ne s’en triture pas moins les méninges, sur l’avenir de cette fournée qui suscite beaucoup de curiosité, et sûrement pas de convoitise chez le grand nombre. Mais pour l’une des rares fois, de nos jours, où le Mali se distingue dans l’actualité, non pas par un putsch militaire ou des attaques jihadistes en série, il faut bien s’en réjouir. Ici, il s’agit d’événement heureux, il s’agit de vie. Pourvu que l’élan de solidarité né avec la grossesse des nonuplets ne s’étiole pas. Plus que jamais, c’est maintenant que Halima et les enfants ont besoin de bons samaritains pour leur donner l’espoir de survivre et de…vivre. Ainsi, le cercle de famille pourra réellement applaudir à grands cris!

Par Wakat Séra

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