Accueil A la une Olivier enlevé, Ghislaine et Claude tués, journalistes en danger!

Olivier enlevé, Ghislaine et Claude tués, journalistes en danger!

Il faut sauver le journaliste indépendant Olivier Dubois (DR)

Disparu des écrans radars depuis le 8 avril, date à laquelle il a quitté Bamako pour Gao, dans la perspective alléchante de réaliser un entretien exclusif, avec un supposé chef jihadiste, le Français Olivier Dubois n’a refait surface que ce mardi 4 mai, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Mais le journaliste free-lance, collaborateur du magazine Le Point et du quotidien Libération, a changé de statut: il est désormais aux mains du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et demande à ses amis, à sa famille et aux autorités de son pays de tout faire pour sa libération. Que fera, du journaliste indépendant, l’organisation terroriste de Iyad Ag Ghali très active dans la zone dite des Trois frontières que partagent le Mali, le Burkina Faso et le Mali? L’ancien du Journal du Mali qui a également mis sa plume au service de Jeune Afrique, Mondafrique et Afrique Magazine, pour le moment est vivant et c’est bien réconfortant pour ses proches et rassurant pour le monde de la presse qui porte toujours, le deuil de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. La journaliste et son technicien, avaient également été kidnappés et atrocement exécutés par leurs ravisseurs, le 2 novembre 2013, non loin de Kidal au nord-est du Mali.

Comme Ghislaine et Claude, qui préparaient une émission spéciale sur la «crise dans le nord du Mali et la réconciliation», Olivier tenait un rendez-vous, en apparence bien ficelé, avec un chef jihadiste. Comme sa consoeur et son confrère de «la radio mondiale», Olivier Dubois a bravé toutes les interdictions et mesures de prudence sur cette zone hautement dangereuse, notamment pour un détenteur de passeport français. En bon chasseur de l’info, il a, naturellement choisi l’option de ramener à ses lecteurs, l’interview croustillante qu’il a préparée sans doute durant des mois et peut être des années. Et c’est ainsi qu’au prix de leur vie et de leur liberté, les journalistes sont sur tous les fronts pour permettre à tous de jouir de ce droit à l’information. Un privilège dont risquent d’être privées, à la longue, les populations, par le bon vouloir des prédateurs de la liberté de la presse, et de la liberté tout court, que sont les terroristes et autres «présidents de républiques très très démocratiques du Gondwana». Car, ce n’est pas seulement le fusil ou le poignard des jihadistes qui menacent la survie de la presse, mais aussi les experts en mal gouvernance et apprentis sorciers en dictature qui ne supportent pas la contradiction et pour qui les journalistes sont de véritables poils à gratter.

En lieu et place d’interview, Olivier Dubois est visiblement tombé dans un piège qui s’est refermé sur lui, alors qu’il pensait être proche du scoop important pour sa carrière de journaliste collaborateur de médias d’audience. Un entretien qui devait, sans doute, lui rapporter gros, en ces temps où le Covid 19 soumet, comme les autres secteurs d’activité, les entreprises de presse à un régime d’austérité économique sans pareil. En attendant, c’est Iyad Ag Ghali et ses affidés qui se lèchent les babines, heureux de tenir entre leurs mains éternellement rouges de sang, un otage qui pourrait leur rapporterait un bon magot ou servirait de monnaie de change dans des négociations de prisonniers, dont ils maîtrisent si bien les ficelles. Pourvu que le SOS de Olivier Dubois ait un écho favorable auprès des autorités françaises, notamment de Barkhane qu’il avait demandé à son intermédiaire Souleymane de prévenir, en plus de sa famille, «si dans 45 minutes», il n’avait pas de ses nouvelles.

Quel est le véritable rôle joué par Souleymane dans ce qui ressemble fort bien à un rapt? Les instructions de Olivier Dubois, qui a senti, peut-être trop tard, le coup fourré, ont-elles été suivies à la lettre par «l’intermédiaire»?  Si oui, Barkhane a-t-elle aussitôt mené la battue pour essayer de sortir Olivier des griffes de ses ravisseurs? Pourquoi depuis un mois, c’est seulement maintenant que la disparition du journaliste est-elle sur la place publique? Et pourquoi vient-elle des preneurs d’otage qui ont peut-être ainsi, l’intention de faire bouger les autorités françaises ou de faire monter les enchères? Autant de questions qui épaississent davantage le mystère autour de cet enlèvement, dévoilé le lendemain de la journée de la liberté de la presse. Une commémoration qui a eu le mérite de mettre une fois de plus en exergue, les obstacles, que dis-je, les dangers qui guettent les journalistes au quotidien.

Il faut sauver le journaliste Olivier Dubois!

Par Wakat Séra

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