Accueil A la une Ouagadougou: écoliers pendant l’année scolaire et commerçants durant les vacances

Ouagadougou: écoliers pendant l’année scolaire et commerçants durant les vacances

Des écoliers en vacances entrain de faire du commerce

Les jours de classes sont finis, c’est le temps des vacances pour les scolaires burkinabè. Aziz Kaboré, Israël Nikiéma, et Mahamadi Ouédraogo sont, entre autres des jeunes scolaires qui ont refusé d’être des « vagabonds » pendant ces vacances, que d’autres appellent temps de repos ou de récupération, en choisissant de faire du petit commerce dans les quartiers de Ouagadougou. Une équipe de Wakat Séra les a rencontrés le samedi 24 juillet au SIAO à Ouagadougou.

Nous sommes au mois de juillet, le rideau est tombé sur l’année scolaire 2020/2021. De la ville à la campagne, tous les élèves sont en grandes vacances. Pour les élèves des villages et campagnes, aussitôt que les portes de l’école se sont refermées, ils ont vite été récupérés dans les champs pour les activités agricoles. Pendant ce temps, qu’en est-il des enfants des villes comme Ouagadougou ? Si pour certains d’entre ces petits citadins les vacances sont des moments de réjouissances à travers des colonies de vacances, et des moments des longs sommeils et de jeux, il n’est pas le cas pour d’autres comme Aziz Kaboré, Israël Nikiema et Mahamadi Ouédraogo, tous des écoliers que notre équipe a rencontrés, le samedi dernier dans les locaux du SIAO à Ouagadougou.

Il était midi, lorsque nous avons rencontré ce trio de garçons, dont l’âge est compris entre 10 et 12 ans, dans les locaux du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou où des étudiants de l’Université Thomas Sankara en droit et en économie prennent leurs cours. Alors que les étudiants s’activaient à la prise quotidienne de leur repas de midi, Aziz Kaboré et ses deux copains se faufilaient entre eux pour leur proposer des petits articles de commerce, composés, entre autres, de bonbon sucette, de lotus, des dattes et bien évidemment d’autres articles de consommation.

C’est ce qu’ils font tous les jours, depuis qu’ils n’ont plus cours, dans ces lieux qui ne tarissent pas d’étudiants, nous a fait savoir Israël Nikiéma, le plus jeune d’entre eux, dont la marchandise composée entièrement de sucettes est contenue dans un petit carton qu’il a adroitement maintenu par la paume et sur l’épaule, quand nous nous-sommes approchés d’eux. Ce travail, a-t-il continué, « je le fais pour qu’à la rentrée j’aie un peu d’argent pour acheter mes fournitures scolaires et des vêtements », en nous précisant que la seule raison qui le pousse à s’adonner à ce petit commerce. Si pour Israël Nikiéma le plus jeune, la seule motivation est de parvenir à l’achat de ses fournitures scolaires et de ses vêtements, pour son copain Mahamadi Ouédraogo, le premier objectif en faisant ce travail c’est « d’éviter les bagarres » à la maison. C’est pourquoi il a choisi de vendre de petits articles dans la ville. Ensuite, c’est d’aussi « avoir de l’argent pour (s’acheter) à manger et d’autres choses ». Parce que, selon lui, s’il ne fait rien et qu’il reste à la maison cela peut être source de bisbilles entre les frères et sœurs ainsi que les parents lorsqu’il va demander de l’argent pour acheter ce qu’il veut. En plus, pour ce jeune vacancier, le fait de rester à la maison à ne rien faire peut aussi amener les gens à « penser que tu es un voleur ».

Quant à Aziz Kaboré, leur troisième compagnon, qui vient d’avoir son certificat d’étude primaire, il a décidé de vendre des lotus et des produits contre les moustiques pour ne pas être « un vagabond ». Il a justifié l’idée selon laquelle qu’est « vagabond », c’est celui qui ne fait rien et qui passe son temps à « tourner » dans le quartier.

Outre ces trois garçons qui visiblement entendent assumer certaines de leurs responsabilités, plutôt qu’à mendier, ils sont nombreux ces jeunes scolaires dans la ville, de tous sexes confondus, qui pendant les vacances ont aussi décidé faire des activités similaires. Ils prennent d’assaut, chaque matin, les rues, avenues, et autres espaces de la ville de Ouagadougou pour leur petit commerce et ne regagnent le domicile qu’à la tombée de la nuit.

Si de telles initiatives sont à encourager, il ne faut surtout pas perdre de vue la loi relative au travail des enfants, même s’il ne ressort pas que ce sont les parents ou une tierce personne qui obligent ces enfants à travailler. Aussi, notons qu’être dans la rue pourrait exposer à la délinquance juvénile, à travers la consommation des drogues.

Par Oumpounini MANDOBIGA (Stagiaire)

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