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Présidentielle ivoirienne: entre le faux suspense de Ouattara et le retour en pointillé de Gbagbo

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Il était une fois, le trio Ouattara (a droite), Gbagbo (milieu) et Bédié (à droite) (Ph. illustration)

Alassane Ouattara prolonge le suspense et laisse le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) toujours sans candidat pour la présidentielle prévue pour le 31 octobre 2020. Alors qu’ils attendaient tous la décision de celui qu’ils appellent de toute leur énergie à défendre les couleurs de leur parti pour la prochaine élection présidentielle, les militants et cadres du RHDP, devront encore ronger leur frein. La fumée blanche qui devait s’élever du conclave du parti au pouvoir de ce mercredi 29 juillet, se fait toujours attendre. Ce qui prend de plus en plus les allures d’un faux suspense, continuera donc d’alimenter les débats formels et les discussions chaudes dans les grins de thé.

Jusqu’à quand?  Avant la date butoir du 31 août 2020, en tout cas. Le temps n’est donc plus vraiment l’allié du RHDP dans cette course au fauteuil de Alassane Ouattara, des gladiateurs de la scène politique ivoirienne étant déjà à la porte de l’arène, prêts pour le combat. Car, après la désignation du candidat, s’annonce une campagne électorale qui sera loin d’être une partie de pêche tranquille dans la lagune Ebrié. Mais Alassane Ouattara qui avait placé tout son espoir en Amadou Gon Coulibaly, son «fils» et dauphin, malheureusement emporté par la maladie, le 8 juillet dernier, est confronté à un choix des plus cornéliens.

Alassane Ouattara, va-t-il, au risque de se renier, reprendre la tunique de candidat du RHDP pour sa propre succession? Le 5 mars 2020, date qu’il doit certainement maudire maintenant, Alassane Ouattara avait, en effet, promis de quitter les affaires au profit d’une nouvelle génération. Mais ça, c’était avant, car le destin est en train de lui imposer de nouveaux plans, après la disparition tragique de son Premier ministre, celui en qui il avait placé toute sa confiance pour amener le RHDP à la victoire à la présidentielle. Malgré les appels incessants des siens qui ne voient en lui que le seul à même de continuer à diriger la Côte d’Ivoire dans la «stabilité» et la «cohésion nationale», Alassane Ouattara va-t-il oser aller à ce troisième mandat de tous les dangers?

La polémique fait, du reste, rage entre les puristes de la Constitution, les juristes et les politiques, qui, selon les normes ou les intérêts personnels et partisans, crient au viol de la Loi fondamentale ou affirment le contraire. En dehors de toutes ces considérations, Alassane Ouattara avaliserait un cuisant échec personnel, s’il n’a pu, sur deux quinquennats, préparer une relève plurielle digne de diriger la Côte d’Ivoire. La sagesse ne dit-elle pas qu’une seule hirondelle ne fait pas le printemps? Et voilà qu’affleurent la justesse et la logique des plans B, option que le chef de l’Etat ivoirien s’était refusée du vivant de Amadou Gon Coulibaly, un brillant homme, mais dont personne n’ignorait la fragilité du cœur, suite à la transplantation de cet organe qu’il a subie en 2012 en France. Mais visiblement, Alassane Ouattara semble avoir oublié cette partie du film…

En tout cas, Laurent Gbagbo, lui se manifeste depuis la Belgique qu’il demande à quitter pour rentrer au bercail avant la fin de ce mois d’août, pendant que Alassane Ouattara, lui, se triture les méninges sur la réaction des Occidentaux, notamment les Français et les Américains, qui sont ceux qui aident Africains à enfiler la camisole de force de la démocratie selon leurs prismes. L’ancien président ivoirien qui a été acquitté, en janvier 2019 par les juges de la Cour pénale internationale (CPI), mais encore dans l’attente d’un éventuel second procès suite à l’appel interjeté par la procureure, Fatou Bensouda, veut reprendre sa place à la tête de son parti, le Front populaire ivoirien, et, si affinités, aller à la reconquête du fauteuil présidentiel qu’il a perdu en 2010 au profit de…Alassane Ouattara. Et si son vœu est exaucé, vu que Henri Konan Bédié est déjà dans les starting-bocks, et si Alassane Ouattara, ose enfin franchir le pas, la Côte d’Ivoire retournera à son trio de «vieux» bagarreurs politiques de tous les temps, Ouattara-Bédié-Gbagbo, qui se font, se défont, et se refont, en attendant de se…défaire!

Par Wakat Séra

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