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Putsch manqué: «Un procès politique», selon les avocats de Bassolé

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Le procès du putsch manqué du 16 septembre 2015, qui se tient depuis fin février 2018, devant la Chambre de jugement du tribunal militaire burkinabè, est «un procès politique», selon les conseils de l’unique général de la gendarmerie, Djibrill Bassolé, au deuxième jour de leur plaidoirie, ce lundi 19 août 2019.

«Il s’agit d’un procès politique», a laissé entendre Me Mireille Barry, pour qui, son client, le général Djibrill Bassolé est poursuivi parce qu’ «il est considéré comme un adversaire politique».

Pour étayer sa thèse, selon laquelle, le présent procès est «politique», Me Barry a cité comme preuve, la révocation des juges d’instruction qui auraient voulu convoquer la hiérarchie militaire et celle du commissaire du gouvernement Norbert Koudougou qui n’aurait pas voulu «requérir la levée du mandat d’arrêt lancé contre Guillaume Soro», ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne.

«Si le général Bassolé ne s’était pas lancé en politique, il ne serait pas dans ce dossier», a-t-elle soutenu. Elle et ses confrères de la défense de M. Bassolé, ont plaidé l’acquittement de leur client, car, estiment-ils, «il est innocent» dans cette affaire. Me Mireille Barry a demandé au tribunal de «surmonter l’épreuve de la manipulation politique» et de «rendre justice, rien que la justice».

En rappel, après la chute du régime Compaoré, l’ex-ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, s’était déclaré candidat à la présidentielle de 2015, qu’organisaient les autorités de la transition. Mais il s’est vu écarter de la course par l’adoption, à l’Assemblée nationale, d’une loi interdisant la candidature de certains dignitaires de l’ancien régime.

A la suite du coup d’Etat manqué, son nom a été cité comme celui qui souhaitait faire entrer sur le territoire, «des djihadistes» en vue de venir en aide aux putschistes. Ce qu’il a toujours nié. Selon ses avocats, le seul élément à charge dont dispose le parquet contre le général Bassolé, ce sont des enregistrements sonores. Depuis le début de la procédure, sa défense n’a cessé de remettre en cause l’authenticité de ces audios mettant en cause leur client et certaines personnes, dont Guillaume Soro.

Selon Me Bonkoungou, Me Yérim Thiam et le bâtonnier Antoinette Ouédraogo, il n’y a pas d’infraction, dans le dossier qui pourrait engager la responsabilité du général Djibrill Bassolé. «Je ne vois aucun acte criminel qui pourrait être reproché à M. Bassolé», a dit Me Ouédraogo.

Après les plaidoiries, Me Bonkoungou a souhaité lire le mot de fin de l’accusé, qui depuis un bon bout de temps n’assiste plus aux audiences du fait de son état de santé. Mais le tribunal a ordonné la comparution du général Bassolé pour ledit mot de fin.

L’audience a été suspendue aux environs de 17h30 et reprendra demain mardi 20 août 2019.

Par Daouda ZONGO   

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