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RD CONGO: c’est quoi la Fête nationale?

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C’est quoi la Fête nationale? Cette question ne réside plus que dans l’esprit des enfants congolais âgés de moins de dix ans. Les adultes se la posent aussi avec autant d’incompréhension. De fait, il y a plus ou moins dix ans, en RD Congo, que la Fête nationale a été jetée aux orties.

Alors qu’ailleurs, la fête nationale revêt un caractère quasi officiel; quasi institutionnel, pour d’aucuns. Les gouvernements s’apprêtent, à l’occasion, à donner sens à ce grand jour, à travers des manifestations haut en couleurs.

Pour étayer notre réflexion, prenons le cas de la France. Et celui de la Fédération de Russie, au mois de mai dernier.

Lundi 14 juillet. C’était la Fête nationale en France. C’est la date de la prise de la Bastille, en 1789, considérée généralement comme point de départ de la Révolution française. Dans l’âme de tout Français, cette date prend la signification de «libération».

Pour preuve, il n’y a qu’à voir la ferveur d’un peuple autour des Champs Elysées, tous les 14 Juillet. L’image est qu’à cette occasion, les cœurs de tous les Français battent à l’unisson. La France est en ébullition. A cet effet, elle sort un échantillon de ses forces matérielles et humaines: les armes, les hommes en uniforme, de différentes unités. Ils marchent avec prestance, provoquant des acclamations de joie frénétiques.

Au point d’émerveiller l’insubmersible Donald Trump, président des Etats-Unis, le 14 Juillet 2017. C’était lors de son premier mandat. Il était alors invité, pour la circonstance, par son homologue Emmanuel Marcon. Fasciné, le maître de la Maison Blanche a imité le fait, ce 14 juin, à Washington. Cela pour fêter le 250e anniversaire de l’armée américaine, fondée en 1775. Date-symbole.

Terrible République bananière!

La Fédération de Russie l’a démontré aussi, à sa manière, le 9 mai dernier. Date anniversaire symbolique de la capitulation nazie devant les forces russes, en 1945. On a assisté à la démonstration de la puissance d’une nation aux ambitions fortes. Tout comme on a vu une allégresse diffuse s’emparant des Moscovites, alors que leur pays était en guerre. Date-symbole.

En Afrique, beaucoup de pays ne dérogent pas à la règle. Ils fêtent leur date de l’Indépendance, avec faste. Ils le font, en dépit parfois d’une situation économique difficile qu’ils traversent. L’armée et le peuple paradent pour manifester la vitalité de leur pays et l’espoir à l’horizon d’une vie meilleure. On l’a encore vu au Ghana, en mars dernier.

Ce rappel n’est pas anodin; il permet de donner une idée entre ce qui se pense et se réalise, ailleurs, en cette circonstance, par rapport au vide enregistré en RD Congo. Un vide effrayant, somme toute. Car, la date du 30 Juin, date de l’Indépendance, a perdu de sa morgue. Elle n’existe même plus autant dans les annales nationales que dans le cœur des Congolais.

En dehors de l’hymne national, qu’on chante, encore, mollement; magnifique en soi, puisqu’il appelle le peuple à son unité, à sa grandeur et à la fondation d’une nation prospère. Rien d’autre, en la matière. Aucune date-symbole, aucun bras armé susceptible de porter au pinacle les valeurs d’un peuple. Pourtant, le Congo n’en manque pas. Des valeurs morales, spirituelles, artistiques que matérielles… il en a à revendre.

C’est depuis la période de fin de règne du régime Kabila, en 2016, que le phénomène se produit. Préoccupé par les besoins de se maintenir au pouvoir, le prédécesseur du président Félix Tshisekedi oublie tout, jusqu’à certaines tâches de l’Etat, à caractère plus ou moins universel. Les défilés festifs liés à la Fête nationale tombent dans la désuétude. Les militaires ont retourné leur canon vers le peuple manifestant.

Depuis, le même climat perdure. Tshisekedi s’occupe plus de son maintien au pouvoir que du sort du peuple. Surtout, en cette période, où le vrai pouvoir de Kinshasa est partagé entre Kigali, le Qatar et Washington. Comment, dans ce cas-là, imaginer l’organisation d’une Fête nationale par un Etat qui n’existe plus. Comme tous les 30 Juin, date d’une victoire historique pour les Congolais, celui de 2025 a fait également flop.

Terrible République bananière qu’est la RD Congo!

Par Jean-Jules LEMA LANDU, journaliste congolais, réfugié en France