Accueil A la une Résurgence des attaques terroristes: voici comment des Burkinabè se l’expliquent

Résurgence des attaques terroristes: voici comment des Burkinabè se l’expliquent

Photo d'illustration

Le phénomène du terrorisme a pris des proportions inquiétantes au Burkina Faso avec la récurrence des attaques terroristes dans des régions comme l’Est, le Nord, le Centre-Nord et le Sahel. La dernière en date est celle survenue le 3 mai dans le village de Kodyèl dans la région de l’Est, faisant une trentaine de victimes selon des sources gouvernementales. Ce regain de violence des hommes armés non identifiés (HANI) amène à se poser des questions ; pourquoi assiste –t-on à une recrudescence des attaques terroristes sur le sol burkinabè ? Comment expliquer la fréquence de ces attaques dans certaines localités du Burkina Faso ?  Wakat Sera a approché quelques citoyens burkinabè de la ville de Ouagadougou (dont certains n’ont pas voulu d’image) qui se sont exprimés sur les causes de cette recrudescence des attaques des groupes armés terroristes.

Ibrahim Tou, administrateur : « Ils veulent dresser la population contre le gouvernement »

Notre Armée est divisée, ce qui fait que l’information n’arrive pas à temps et cela pose un problème de renseignement. L’autre problème est lié au fait qu’on envoie des jeunes non expérimentés sur le terrain et les généraux et autres restent dans les bureaux. Alors que ces jeunes ne sont pas des tacticiens. Cela donne la latitude à l’ennemi de sévir. Mais le fait que les hommes armés s’attaquent aux populations civiles, c’est pour  inciter la population à se dresser contre le gouvernement.

Nazanga Moumouni Traoré, étudiant en 3e année  en Pharmacie à l’Université Joseph Ki Zerbo: « Les hommes sont attaqués parce qu’ils sont une menace pour les terroristes »

Nazanga Moumouni Traoré, étudiant en 3e année en Pharmacie

La recrudescence des attaques est liée en partie au désengagement de l’Etat dans ces zones en proie aux attaques. Il n’y a pas d’agents de sécurité pour défendre les populations. Ce sont des zones délaissées par les politiques. Les individus armés s’attaquent aux Hommes parce qu’ils constituent une menace sérieuse qui peut poser obstacle à leur avancée.  Les hommes avec les VDP (volontaires pour la défense de la patrie) sont des obstacles pour les terroristes. Donc pour ne pas qu’il y ait des VDP, quand on arrive dans une localité, on extermine toute personne qui peut assurer une quelconque sécurité.

Sylvester Koeta, spécialiste en gestion de ressources naturelles : « Il y a donc de fortes chances que ces attaques soient d’ordre politiques »

On a vu que c’est lorsqu’on a rebeloté  le mandat d’arrêt international qu’on a constaté subitement les attaques qui ont augmenté. C’est une interpellation pour dire effectivement qu’il faut faire attention. Ça pourrait être une menace pour amener le gouvernement à revoir sa position vis-à-vis du mandat d’arrêt international émis contre Blaise Compaoré. Il y a donc de fortes chances que ces attaques soient d’ordre politiques.

 Ismael Sinaré, étudiant en Pharmacie : « C’est devenu un règlement de comptes »

Ismaël Sinaré étudiant en Pharmacie

Pour moi, depuis ces derniers temps, on ne doit plus appeler ça du terrorisme. Selon moi, c’est devenu comme un règlement de comptes, parce que pour moi les individus qui attaquent devraient revendiquer leurs attaques. Mais on remarque  que ces derniers temps, il n’y a pas de revendication. On a pu constater que des individus armés arrêtent une compagnie de transport et ne cherche qu’une personne. On est face à des attaques ciblées. On s’attaque aux VDP pour dissuader toute personne qui voudrait s’engager dans cette lutte.

Issa Soumaré, agent commercial : « Ils veulent augmenter la psychose chez les populations »

Je pense que ces attaques sont liées au retrait de l’armée tchadienne sur l’axe Burkina-Niger avec la mort du président Déby. Parce que cette armée servait comme une barrière qui empêchait certains terroristes de venir au Burkina Faso. L’autre raison, c’est que ces individus veulent semer la psychose au sein des populations pour les empêcher de s’enrôler comme VDP.

Par Siaka CISSE (Stagiaire)

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