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Retour probable de ATT au Mali: entre calculs politiques et vrai signal de réconciliation

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Cette fois-ci sera-t-elle la bonne pour le retour de ATT au Mali? (Ph. maliweb.net)

Si cette énième annonce du retour de Amadou Toumani Touré au bercail se confirme, cela offrirait sans doute, un bon coup de popularité, voire de populisme à Ibrahim Boubacar Keïta. L’actuel locataire du palais de Koulouba empêtré dans les soupçons de velléités de modification de la constitution pour s’ouvrir une troisième voie vers le fauteuil présidentiel et les attaques incessantes et tout autant meurtrières des djihadistes contre l’armée malienne et les troupes des Casques bleus ont considérablement altéré l’image de IBK auprès de ses compatriotes. A la veille de l’élection présidentielle de 2018 à laquelle sa probable candidature se dessine, le chef de l’Etat malien lance ainsi l’opération séduction en passant par la potion magique de la réconciliation mais surtout en essayant de ratisser large. L’intérêt de viser un électorat plus vaste sonne du reste comme une urgence, la direction de l’Alliance pour la démocratie au Mali- Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-Pasj), marquant une division de plus en plus prononcée sur le choix de présenter un candidat et celui de soutenir une fois de plus Ibrahim Boubacar Keïta. Si la seconde option triomphe, sans doute que le président perdra un allié de poids, l’Adema étant ce parti historique qui a toujours dominé la vie politique malienne depuis sa création en 1990 et qui a eu comme président, un certain Ibrahim Boubacar Keïta qui en a démissionné pour créer l’association Alternative 2002 et par la suite, le Rassemblement pour le Mali (RPM).

Il ne faut donc pas être un puissant analyste politique pour assimiler l’annonce du retour de ATT à un savant calcul politique de IBK qui entend se tailler des habits sur mesure de sauveur de l’unité largement entamée de la nation malienne. Car, malgré le pénible exil sénégalais qu’il a entamé suite au coup d’état dont il a été victime dans la nuit du 21 au 22 mars 2012, ATT garde une popularité certaine, que ce soit au sein de l’armée ou de la population civile. D’ailleurs, l’initiative du gouvernement malien, en septembre 2013, de juger, pour haute trahison, le tombeur de Moussa Traoré, n’a guère prospérer. ATT n’est-il pas celui-là même qui a été porté comme un héros, ayant libéré le Mali du règne sans partage, musclé et muselant, de Moussa Traoré en novembre 1991? N’est-il pas l’homme qui a remis le Mali sur les rails de la démocratie en organisant une conférence nationale et des élections suite auxquelles il a remis le pouvoir à un civil, Alpha Oumar Konaré en l’occurrence? A coup sûr donc, même si elle a pris une bonne couche de boue lors de son retour au pouvoir marqué par une gouvernance souvent décriée, l’aura du «soldat de la démocratie» est toujours perceptible.

Mais s’il a été discret durant son séjour sénégalais forcé, Amadou Toumani Touré le restera-t-il à son retour au bercail, surtout si les démons de la politique qui doivent toujours sommeiller en lui se réveillent?  Rien n’est moins sûr et l’homme, s’il embouche une trompette autre que celle du pouvoir s’attirera certainement les foudres de Koulouba, pour qui il redeviendra l’ennemi à abattre. Que représenteront, en ce moment, les garanties qu’auraient offertes IBK pour un retour au pays dans de bonnes conditions de l’actuel hôte de Macky Sall? A moins que ces fameuses conditions de retour se résument simplement pour ATT à  s’emmurer dans un silence de mort et ne pas jouer à l’empêcheur de gouverner en rond. En attendant, il faut déjà que l’essai du dimanche prochain soit concluant pour Amadou Toumani Touré dont le retour, plusieurs fois annoncé était devenu comme un serpent de mer. L’un dans l’autre, ce sera un bon point pour le Mali qui continue de tituber sur la difficile route de la réconciliation.

Par Wakat Séra  

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