Au moins 45 jours sont passés, et celui dont les services avaient annoncé un court séjour en Europe, n’est toujours pas revenu à la maison. Est-il souffrant? Est-il en vacances pour se requinquer afin de se remettre à la tâche pour le bonheur de ses compatriotes? Les questions, et même les pires hypothèses, animent les débats, officiels ou de rue. A Yaoundé ou à Douala, plus aucun jour ne passe sans que le sujet ne soit au menu. Certes, tout humain tombe malade ou connaît la fatigue physique. Sauf que l’absent tant réclamé par ses concitoyens n’est pas n’importe qui.
Il est le président du Cameroun depuis 1982. De 1984 à nos jours, il est régulièrement élu, souvent même sur un seul jour de campagne, où il a de la peine à s’exprimer. Du reste sa dernière élection ne date que d’octobre 2025. Inamovible candidat de son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Paul Biya, puisque c’est de lui qu’il s’agit, peut se targuer du haut de ses 93 piges, d’un palmarès de longévité exceptionnel. Il est, dans le monde, le plus vieux chef d’Etat. En Afrique, seul l’Equato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le coiffe dans le classement des plus anciens présidents de la république en fonction.
Il n’a certainement plus sa jeunesse d’antan, et ne jouit pas non plus d‘une santé inoxydable. Mais, Paul Biya n’en continue pas moins de suivre méticuleusement la vie de sa nation, selon ses lieutenants. Que nenni, rétorque l’opposition qui brandit même l’argument de la vacance du pouvoir après les 45 jours d’absence du chef de l’Etat. Si aucun texte ne statue sur une quelconque durée de l’absence du chef de l’Etat loin du palais d’Etoudi, et surtout du territoire national, il n’en demeure pas moins que le sujet inquiète cette fois-ci. Il fait même rage, mais, comme à l’accoutumée, il ne fait débat qu’au sein de la classe politique.
Ce qui est certain, cette absence de seulement-est-on tenté de dire- 45 jours de Paul Biya, ne fait discussion qu’au niveau des politiciens. Le petit peuple lui est habitué à des séjours plus longs du président de la république. A l’époque, les rares apparitions, au Cameroun, de celui qui est affectueusement appelé «Popaul», sont des événements, tant le «chef» se sentait mieux en Suisse. Preuve que le Camerounais lambda est plus préoccupé par la recherche de son «bâton» de manioc quotidien, et davantage prêt à s’enthousiasmer sur les victoires des «Lions Indomptables» en Coupe d’Afrique des Nations ou en Coupe du monde de football, que d’épiloguer sur une présence ou une absence, aussi longue soit-elle, du chef de l’Etat.
Cette «absence», qui passe de «court» à «long» séjour, et peut-être à durée indéterminée, du chef de l’Etat prend, plutôt, des airs de positionnement dans une optique, pour ne pas dire une logique, de l’après Biya. En tout cas, l’absence de Paul Biya est loin d’être une tempête dans un verre d’eau, car concernant le sommet de l’Etat. Elle prend même des proportions encore plus importantes, vu que le vice-président dont la nomination est toujours attendue dans la nomenklatura camerounaise, est, pour l’instant, inexistant. Peut-être que, pour des raisons urgentes, car il faut bien un chef, en l’absence du chef, pour diriger.
Président Biya, ton peuple t’attend!
Par Wakat Séra






























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