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Santé: bientôt un Institut de formation en kinésithérapie et en sciences de la réadaptation au Burkina

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Les acteurs lors de l'atelier de validation du rapport provisoire d'étude de faisabilité pour la création de l'Institut

Un groupe de promoteurs dont un natif du Burkina Faso, en collaboration avec une association autrichienne, a prévu de réaliser un Institut d’enseignement supérieur et de recherche en sciences de la santé dans la ville de Bobo-Dioulasso. Cette école supérieure va former des professionnels en kinésithérapie et dans bien d’autres professions paramédicales. Les promoteurs ont tenu, le jeudi 28 avril 2022, à Ouagadougou, l’atelier de validation du rapport provisoire d’étude de faisabilité pour la création de l’Institut.

L’Association pour la promotion de la formation et de l’enseignement dans les professions socio-sanitaires au Burkina (Verein Zur Förderung die (Aus)Bildung von Sozial und Gesundheitsberufe in Burkina en allemand) à l’initiative de l’association Sahel Tirol de Éric K. Bayala envisage réaliser un Institut d’enseignement supérieur et de recherche en sciences de la santé au Burkina Faso, notamment dans la ville de Bobo-Dioulasso, pour former des professionnels dans le domaine de la santé.

C’est ainsi qu’une étude de faisabilité a été conduite par l’Institut de Formation et de Recherche Interdisciplinaires en Sciences de la Santé et de l’Education (IFRISSE) avec des consultants experts en médecine physique, en réadaptation et des pédagogues de l’enseignement supérieur. L’étude a été menée de décembre 2021 à mi-avril 2022. L’atelier de validation du rapport provisoire de cette étude s’est déroulé, le jeudi 28 avril 2022 à Ouagadougou.

«Pour moi, la meilleure façon d’aider l’Afrique, c’est d’investir dans l’éducation. C’est pourquoi j’ai décidé d’accompagner ce projet de construction de cet Institut», a déclaré le recteur de l’Ecole de formation des professionnels de la santé en Autriche, Walter Draxl, partenaire du projet. Il a souhaité l’accompagnement du Gouvernement ainsi que celui d’ONG et d’autres Instituts d’enseignement supérieur pour la réussite de ce projet.

Répondre à un besoin criard de professionnels en kinésithérapie

Au sortir des échanges, des amendements ont été faits afin de mettre l’accent sur certains secteurs particuliers. C’est ainsi qu’il a été décidé de commencer ce projet par la formation en kinésithérapie. En effet, l’étude de faisabilité note que le Burkina Faso n’a que 35 kinésithérapeutes pour une population de plus de 20 millions d’habitants. Ce projet, à en croire Eric K. Bayala, vient donc répondre à un besoin criard de professionnels en kinésithérapie.

Dr Romaric Toé, médecin spécialiste en médecine physique et de réadaptation

Selon les promoteurs du projet, l’Institut va offrir des formations dans plusieurs domaines de la profession paramédicale. Il s’agit notamment de la masso-kinésithérapie, l’orthophonie, l’orthoprothésiste, les activités physiques adaptées (APA). Ces quatre filières, selon M. Bayal, vont contribuer à la prise en charge, à la rééducation et réadaptation des personnes victimes d’accident vasculaire cérébral (AVC), la prise en charge des personnes vivant avec un handicap (physique ou moteur) ainsi que les blessés du terrorisme.

«Peuvent prendre part à cette formation, les élèves de terminale qui viennent d’avoir le BAC, série scientifique, les professionnels de santé qui veulent changer de filière. Il peut y avoir des personnes qui ont été formées en kinésithérapie et qui souhaitent disposer d’une Licence», a détaillé le rapporteur de l’atelier de validation, Dr Romaric Toé, médecin spécialiste en médecine physique et de réadaptation. Le cycle de formation suivra Licence-Master-Doctorat (LMD).

Une initiative appréciée par les partenaires

L’idée de former des professionnels en kinésithérapie est un élément «important», selon Dr Toé, qui estime que «dans le domaine du handicap, notamment sa prévention, la place des kinésithérapeutes dans le système de santé n’est plus à démontrer.»

«Dans la réalisation de ce projet, nous avons besoin de l’accompagnement du Gouvernement à travers quatre ministères dont celui de la Santé, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, des Sports et de la Solidarité nationale», a indiqué Éric K. Bayala.

L’initiative est jugée noble par les différents partenaires du projet. Pour le directeur de la mobilisation des ressources et de la communication du Fonds national de solidarité du ministère en charge de la Solidarité nationale, M. Amédé Bamouni, «c’est une satisfaction», car «un tel Institut va renforcer les capacités de prise en charge des personnes vivant avec un handicap.»

Walter Draxl, partenaire du projet

«Une telle initiative, nous ne pouvons que l’apprécier. D’un point de vue académique, ça vient renforcer ce paysage de la formation des professionnels de la réadaptation. Aussi, d’un point de vue social, cela va permettre de pouvoir prendre en charge les patients souffrants ayant des problèmes de réadaptation», s’est satisfait Alexandre P. Kaboré, membre de l’Association des auxiliaires de rééducation et de kinésithérapie du Burkina. Pour lui, cet Institut viendra renforcer cette équipe de professionnels de réadaptation qui, il faut le dire, ne sont pas nombreux au Burkina. Il a souhaité que cette formation qui sera proposée soit vraiment de qualité afin que sur le terrain on ait des professionnels de qualité à même de répondre aux besoins des populations en matière de réadaptation.

Par Siaka CISSE (Stagiaire)