Accueil Editorial Sécurité dans le Sahel et au Cameroun: faut-il en désespérer?

Sécurité dans le Sahel et au Cameroun: faut-il en désespérer?

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A quand le retour de la paix au Cameroun. (Ph. AFP)

Une fois de plus, la tribune est la bonne pour essayer de renflouer les caisses afin de permettre à la Force du G5 Sahel d’espérer exister. La 5è édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, qui se tient les 5 et 6 novembre et dont le thème central porte sur le développement durable du Sahel est bien indiquée pour se pencher, comme ses missions l’y contraignent, sur les enjeux sécuritaires dans cette partie de l’Afrique devenue le sanctuaire des djihadistes et autres bandits et trafiquants de tous ordres. Si plusieurs têtes couronnées ont fait le déplacement dans la capitale sénégalaise, c’est une fois de plus pour soutenir leur homologue Macky Sall dans le plaidoyer commun pour trouver enfin, ne serait-ce qu’un début de piste pour le décollage économique de l’Afrique.

Mais le véritable défi sera de mettre en œuvre des actions concrètes pour contrer les velléités des terroristes qui ont pratiquement mis le Sahel et bien d’autres pays africains sous coupe réglée, semant la mort au quotidien et surtout une psychose générale qui constituent un obstacle de plus en plus infranchissable pour des initiatives endogènes de développement ou des investissements venant de l’extérieur. Ce n’est un secret pour personne qu’aucun développement ne peut se bâtir alors que l’insécurité règne en maître, se greffant sur la mal gouvernance et le non-respect des droits humains, toutes choses qui rendent impossibles le développement du continent noir.

Mais que peut le Forum international de Dakar dans cette voie ô combien difficile et parsemée d’embûches pour ramener la paix et la sécurité indispensables au développement de l’Afrique? La question est implacable mais la réponse est moins évidente surtout que les moyens font tristement défaut sur un continent où même assouvir un besoin existentiel comme se nourrir est encore une prouesse. Dans cette logique, combattre la pauvreté, pour ne pas dire la misère des populations livrées ainsi aux appels pressants de l’extrémisme religieux et par la suite à toutes les formes de radicalisation, devient gargantuesque, voire impossible. Et la lutte contre le terrorisme qui est venue se greffer sur le combat pour le développement devient comme une bataille contre des moulins à vent.

Malgré toutes les opérations militaires menées par les missions onusiennes telle celle au Mali et la Force française Barkhane ne rencontrent pas le succès escompté ? Aussitôt une tête de l’hydre coupée, immédiatement en pousse une autre. La preuve, pendant que les dirigeants africains et français s’égosillent à Dakar sur la problématique du développement, avec comme trame de fond le défi sécuritaire, deux militaires burkinabè viennent d’être tués et trois autres blessés dans le Nord du pays. Et au Cameroun, à la veille de l’investiture du président Paul Biya, ce sont 82 personnes, soit 79 collégiens et le principal, un enseignant et un chauffeur, d’un collège, qui ont été enlevés par les séparatistes anglophones de ce pays qui vient de sortir d’une élection présidentielle toujours contestée.

Dans ces conditions où la Force du G5 Sahel ressemble de plus en plus à un mort-né et que l’Afrique centrale, notamment le Cameroun, font difficilement face au terrorisme, faire montre d’optimisme sur le changement de la donne en espérant un succès contre l’insécurité serait, comme l’autruche enfoncer très loin la tête dans le sable pour ne pas voir la réalité en face.     Il faut se rendre à l’évidence, la 5è édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, produit important de la collaboration franco-sénégalaise pour la paix et la sécurité, mènera, comme les éditions précédentes, les réflexions pertinentes pour le développement du continent noir, mais peut peu.

Par Wakat Séra

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