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Sénégal: le ciel tombe sur la tête d’Ousmane Sonko!

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L'opposant Ousmane Sonko s'en sortira-t-il pour prendre part à la course au fauteuil de Macky Sall?

Procès et condamnations de 6 mois avec sursis et de deux ans ferme par contumace, respectivement dans le dossier de diffamation contre le ministre sénégalais du Tourisme, Mame Mbaye Kan Niang et dans l’affaire dite de «viol répétés sur Adji Sarr» finalement devenue «corruption sur la jeunesse». A la suite de son escapade en Casamance, séquestration, selon les propres mots du maire de Ziguinchor, à sa résidence de la cité Keur Gorgui suivi de sa libération inopinée. Puis interpellation du leader du Pastef, le vendredi pour «vol avec violence» suivi de son inculpation par un juge, pour «atteinte à la sûreté de l’Etat et appel à l’insurrection». Depuis sa prison, et alors qu’il a entamé une grève de la faim pour se faire entendre, l’opposant apprend la dissolution du parti des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité, son parti, par un décret présidentiel.

Si ce n’est pas le ciel qui tombe sur la tête d’Ousmane Sonko, ça y ressemble fort! De plus en plus, la course pour la présidentielle de février 2024 pour laquelle il s’est engagée, s’éloigne de l’opposant qui, malgré tout, croit dur comme fer, qu’il demeure le favori. En effet, rien que la plus petite des peines à lui infligées par la justice de son pays, le prive de ses droits d’éligibilité. A moins d’un règlement politique ou un changement autre, l’avenir radieux rêvé par Ousmane Sonko, tombe comme château de cartes.

Et si Ousmane Sonko, au lieu d’en vouloir au monde entier et ne s’en prend qu’à ses adversaires qu’il accuse sans cesse d’avoir lancé contre lui une machine destructrice, essayait de se remettre en cause afin de prendre un nouveau départ pour lequel il bannirait de sa vie, certaines erreurs telles que celle commise dans la fréquentation de salon de massage où le vice côtoie tous les jours clients ou clientes et masseurs et masseuses? De même, aspirant à diriger tout un pays, Ousmane Sonko n’ignore pas que c’est maintenant qu’il doit montrer, par son comportement exemplaire, qu’il est en mesure d’être un bon dirigeant, au lieu de défier, à longueur de temps, la justice et les autorités de son pays. A son tour, comment prendrait-il un opposant qui, sous le prétexte que le président veut lui barrer la route, alors que lui-même traîne une affaire personnelle, engage une fronde contre la justice et l’appareil étatique, dans des manifestations qui ont endeuillé, et continue de faire pleurer, bien des familles?

Depuis les appels à manifester et à la résistance, lancés par Sonko, 16 morts selon les sources officielles et une trentaine à en croire l’opposition, sont déjà comptabilisés. Sans oublier les saccages d’infrastructures administratives, les incendies de voitures et autres, qui ont fait entrer le Sénégal dans un cycle de violences indescriptible et la psychose permanente au sein des populations? Autant de pièges que le leader du Pastef, n’a pas pu éviter, et qui aujourd’hui pourraient hypothéquer son avenir politique.

Sauf que, à la décharge d’Ousmane Sonko, il faut reconnaître que ne voulant pas se faire disputer son fauteuil par des challengers d’envergure, Macky Sall n’a jamais hésité à leur coller des affaires souvent montées de toutes pièces dans ses laboratoires «anti-opposants». Les cas emblématiques de l’ancien ministre Karim Wade et de l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall, tous deux réhabilités aujourd’hui, sont assez éloquents de ce sport dans lequel excelle Macky Sall pour évincer les adversaires, qui le dérangent.

Au Sénégal, comme ailleurs, surtout en Afrique, ce n’est jamais simple de vouloir être khalife -ne pas lire Khalifa- à la place du khalife!

Par Wakat Séra