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22 personnes accumulent 2 fois plus de richesses que l’ensemble des femmes d’Afrique

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Dans le monde, des inégalités persistantes sont constatées. La richesse concentrée entre les mains de quelques individus. Cela fait ressortir, selon le rapport de Oxfam, présenté le vendredi 24 janvier 2020 à Ouagadougou au cours d’une conférence publique, que les 22 personnes les plus riches du monde accumulent deux fois plus de richesse que l’ensemble des femmes d’Afrique.

«Ces données sont interpellateurs et montre à la face du monde, combien certaines personnes cumulent des richesses au dépend d’autres personnes, qui constituent la majorité», a déploré Sosthène Konaté, directeur pays de Oxfam.

Sosthène Konaté, directeur pays de Oxfam

Selon les conférenciers, ce sont des inégalités qui échappent à tout contrôle et les plus riches se dérobent, souvent, à leur responsabilité fiscale à hauteur de 30%, ce qui privent les gouvernements de plusieurs milliards de dollars qui pouvaient être investir dans des secteurs pour créer des emplois.

«Il va falloir que les politiques publics travaillent à ce que chacun contribue à l’essor national, mais que les plus riches ne soient pas avantageux parce qu’ils sont riches mais que la taxation soit à la hauteur de leur richesse», a soutenu M. Konaté qui est convaincu que «si on arrive à construire une politique de réduction des fraudes fiscales et douanières, (…) on pourrait gagner pas mal de revenus et investir dans des secteurs sociaux comme la santé, l’éducation, les infrastructures».

Au Burkina, 20% des plus riches se partagent 44% des revenus contre 80% pour le reste, selon le rapport qui montre également que ce sont les plus riches qui paient moins d’impôts. Alors les conférenciers ont indiqué que pour résoudre ces inégalités, il faut mettre un terme à l’extrême richesse pour combattre l’extrême pauvreté.

Mariamé Ouattara, économiste sociale et familiale expert genre

Quant à Mariamé Ouattara économiste sociale et familiale expert genre, une des conférenciers qui s’est plus appesantit sur l’inégalité lié au genre, notamment, celle fondé sur la division sexuelle du travail, surtout le travail domestique qu’on appelle travail non-rémunérés, a laissé entendre que ces inégalités, fondées sur les croyances et les normes sociaux culturelles, «ne font que paupériser les femmes parce qu’avec ces charges, elles n’ont pas le temps d’aller entreprendre des activités économiques en dehors de la maison, si bien qu’il y a un manque à gagner par (les) Etats».

Elle a plaidé à une prise de conscience de ces inégalités et invite à la révision du système éducatif. «Tant qu’on ne révisera pas le système éducatif dans les familles, ces inégalités vont persister. Nous avons des politiques publiques certes, mais jusqu’où elles sont en adéquation avec les réalités communautaires familiales, sociétales et culturelles ? Si on arrive à faire l’adéquation entre les deux, nous allons pouvoir évoluer», a-t-elle indiqué.

Les conférenciers

Mme Ouattara a appelé, également, «les femmes à ne pas se victimiser, à ne pas se comporter en personnes de seconde zone». «Il faut qu’elles s’organisent, qu’elles prennent conscience que ces inégalités existent et qu’elles négocient avec les hommes pour revoir la répartition sexuelle du travail. On ne peut pas imposer un changement, il se négocie, se planifie ensemble et se réalise ensemble», a-t-elle poursuivi.

Le rapport de Oxfam, fait ressortir que les filles et les femmes assument chaque jour l’équivalent de 12,5 milliards d’heures de travail de soins non rémunéré ce qui correspond à une perte de 10.800 milliards de dollars de pertes. Dans le monde, sur 67 millions de travailleurs domestiques, 80% sont des femmes et 10% d’entre elles jouissent du droit de travail.

 Par Daouda ZONGO

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