Accueil A la une Opération «Pangea» d’Interpol: saisie de plus de 6 millions de doses de...

Opération «Pangea» d’Interpol: saisie de plus de 6 millions de doses de médicaments et l’arrestation d’environ 270 personnes 

0

Interprol a mené du 10 au 23 mars 2026, une opération dénommée «Pangea», à laquelle ont pris part 90 pays, dont le Burkina Faso. Au cours de cette opération, ce sont plus de six millions de doses de médicaments contrefaits qui ont été saisis et environ 270 personnes arrêtées.

Interprol a lancé une croisade contre les médicaments contrefaits. Du 10 au 23 mars les forces de sécurité de 90 pays ont mis aux arrêts environ 270 individus et saisi plus de six millions de doses de médicaments contrefaits. Le Burkina est le seul pays africain participant qui figurent parmi les dix pays ayant fait la plus grande saisie. Avec 430 360 doses saisies, il se classe 4e derrière Royaume Uni qui occupe la 1ère place (2 122 591 de doses), la Colombie 2e (1 473 434 de doses) et l’Australie 3e (752 617 de doses). La France ferme la liste des dix pays avec 109 748 doses saisies.

Le rapport de Interpol

SINGAPOUR – Une opération coordonnée par INTERPOL dans 90 pays et territoires a permis la saisie de 6,42 millions de doses de médicaments non homologués et contrefaits d’une valeur de 15,5 millions de dollars américains.

L’opération Pangea XVIII (10 – 23 mars 2026) a conduit à 269 arrestations et au démantèlement de 66 groupes criminels impliqués dans le commerce illicite de produits pharmaceutiques.

Les forces de l’ordre du monde entier ont lancé 392 enquêtes et exécuté 158 mandats de perquisition ciblant des réseaux criminels distribuant des produits médicaux non approuvés, contrefaits, de qualité inférieure et falsifiés.

Parmi les produits les plus fréquemment saisis figuraient des médicaments contre les troubles de l’érection, des sédatifs, des analgésiques, des antibiotiques et des produits antitabac.

En outre, les opérations de répression numérique ont perturbé environ 5 700 sites web, pages de médias sociaux, chaînes et robots automatisés liés à des activités criminelles et utilisés pour commercialiser et vendre des médicaments illicites.

Le secrétaire général d’INTERPOL, Valdecy Urquiza, a déclaré :

« Les faux médicaments ne constituent pas seulement une escroquerie ; ils mettent des vies en danger. Via les plateformes en ligne et les circuits d’approvisionnement informels, les criminels exploitent les failles de la surveillance et ciblent les personnes en quête d’un traitement rapide ou abordable. Les conséquences peuvent être graves, voire mortelles. »

« Pour les forces de l’ordre, protéger le public implique de démanteler les réseaux à l’origine de ces produits en renforçant la coopération transfrontalière. Près de 20 ans après le lancement de la première opération Pangea, celle-ci continue de donner des résultats concrets. »

Les antiparasitaires font leur retour

On a constaté une forte augmentation des saisies de médicaments antiparasitaires, une tendance qui n’avait pas été observée depuis les précédentes éditions de l’opération Pangea pendant la pandémie de COVID-19.

Cette augmentation est due à la promotion croissante en ligne de ces produits comme traitements alternatifs contre le cancer, malgré les avertissements répétés des autorités sanitaires selon lesquels de telles affirmations ne sont étayées par aucune preuve scientifique.

Deux substances ont dominé les saisies : l’ivermectine, utilisée pour traiter les infections parasitaires et les vers, et le fenbendazole, un vermifuge autorisé uniquement pour un usage vétérinaire.

Souvent étiquetés à tort comme compléments alimentaires, ces produits sont vendus dans le cadre de prétendus « kits de traitement du cancer », ce qui les rend plus faciles d’accès et leur permet d’échapper à toute réglementation.

L’Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour, les États-Unis et le Royaume-Uni ont tous signalé des saisies importantes des deux substances.

Des solutions rapides qui menacent la santé 

La demande de produits pharmaceutiques liés à la performance et au mode de vie continue de croître, les stéroïdes anabolisants étant à nouveau la catégorie dominante avec 86 732 doses saisies dans le monde.

La demande est largement alimentée par les milieux du culturisme et du fitness, la production étant détectée dans certaines régions d’Europe de l’Est et du Sud-Est, et des centres de production établis se trouvant en Inde, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

En Bulgarie, les autorités ont démantelé une usine de production clandestine et saisi des millions de pilules, d’ampoules et de produits injectables mal étiquetés.

Biser Vuchkov, directeur de la Direction de la coopération internationale au ministère de l’Intérieur bulgare, a déclaré :

« Par son engagement continu dans l’opération Pangea d’INTERPOL, la Bulgarie démontre une détermination sans faille dans la lutte contre le trafic de médicaments illicites, le démantèlement des réseaux criminels et la protection de la santé publique. »

« Les derniers résultats soulignent l’efficacité d’une action coordonnée pour perturber la production, le trafic et la distribution en ligne illégaux à l’échelle mondiale. »

Les autorités du monde entier ont également constaté une demande croissante de peptides – des substances synthétiques promues en ligne pour la croissance musculaire, la perte de graisse et la récupération.

Initialement utilisés dans le cadre de la recherche, ces produits sont désormais largement vendus sous l’appellation de « produits chimiques de recherche » ou de « peptides cosmétiques » afin d’éviter d’être détectés, bien qu’ils ne fassent l’objet d’aucune norme de dosage ou de sécurité approuvée pour un usage humain.

Des saisies importantes ont été signalées en Australie, en Irlande et en Nouvelle-Zélande, avec des centaines de flacons de peptides interceptés lors de multiples opérations de répression.

Parallèlement, la forte demande en médicaments GLP-1, initialement développés pour traiter le diabète mais désormais largement utilisés pour la perte de poids, a ouvert de nouvelles opportunités aux réseaux criminels.

Les versions illicites sont souvent fabriquées en Asie et vendues en ligne pour aussi peu que 10 dollars américains. Dans certains cas, on a découvert qu’elles contenaient de la sibutramine, une substance interdite dans de nombreux pays en raison de ses liens avec les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux.

Des criminels ciblent les médicaments essentiels à travers l’Afrique

La participation de 12 pays africains à l’opération de cette année a permis de mieux comprendre la circulation des médicaments illicites dans la région.

Contrairement à d’autres régions, les saisies en Afrique concernaient principalement des médicaments essentiels tels que des analgésiques, des antibiotiques et des antipaludiques.

Les groupes criminels vendent souvent ces médicaments illicites sur les marchés informels pour répondre à la demande de traitement, notamment dans les régions où l’accès à des soins de santé abordables est limité.

Bon nombre de ces médicaments illicites se sont révélés être de qualité inférieure, falsifiés, périmés, mal conservés ou ne comportant pas d’informations essentielles relatives à la sécurité.

Les mesures répressives témoignent de l’ampleur du problème. Au Burkina Faso, les autorités ont intercepté 384 000 gélules d’antibiotiques. En Côte d’Ivoire, une tonne d’ibuprofène contrefait a été saisie dans un seul véhicule, et au Cameroun, des milliers de flacons d’antipaludiques et d’antibiotiques contrefaits présumés ont été interceptés.

Notes à l’attention du rédacteur

L’opération Pangea est une opération annuelle d’INTERPOL visant à lutter contre la vente en ligne de produits pharmaceutiques illicites.

Un soutien supplémentaire a été apporté par les agences nationales de réglementation sanitaire, l’Office européen de lutte antifraude, Europol, l’Organe international de contrôle des stupéfiants, l’Institut de sécurité pharmaceutique, l’Alliance transnationale de lutte contre le commerce illicite, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, l’Union postale universelle, l’Organisation mondiale des douanes et l’Organisation mondiale de la santé.

Les 90 pays et territoires suivants ont participé à l’opération Pangea XVIII : Albanie, Angola, Argentine, Arménie, Aruba, Australie, Autriche, Bangladesh, Biélorussie, Bénin, Bosnie-Herzégovine, Botswana, Brésil, Brunei, Bulgarie, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Canada, République centrafricaine, Chili, Chine, Colombie, Costa Rica, Côte d’Ivoire, Curaçao, Chypre, République tchèque, Danemark, République dominicaine, Équateur, Eswatini, Éthiopie, Finlande, France, Gabon, Géorgie, Ghana, Grèce, Guinée, Hong Kong (Chine), Inde, Indonésie, Irak, Irlande, Italie, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Laos, Lettonie, Malaisie, Malte, Mexique, Moldavie, Maroc, Myanmar, Namibie, Népal, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Nigéria, Irlande du Nord, Norvège, Panama, Philippines, Pologne, Portugal, Qatar, Roumanie, Russie, Rwanda, Saint-Marin, Sénégal, Serbie, Singapour, Espagne, Sri Lanka, Suède, Tanzanie, Thaïlande, Timor-Leste, Turquie, Ouganda, Ukraine, Royaume-Uni.