Accueil A la une Le dernier tango de «La Pulga» avec l’Albiceleste

Le dernier tango de «La Pulga» avec l’Albiceleste

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Lionel Messi a annoncé sa retraite internationale (Ph. d'archives L'Avenir)

Après plus de deux décennies sous le maillot de l’Argentine, Lionel Messi a annoncé, ce lundi 31 août 2026, sa retraite internationale. À 39 ans, l’octuple Ballon d’Or quitte l’Albiceleste avec une gibecière bien pleine, où trône notamment le trophée mondial en 2022 et deux Copa América. Mais le point sombre du tableau est, sans aucun doute, cette défaite en finale du Mondial 2026, contre l’Espagne de Lamine Yamal, ce bébé à qui il a donné son bain en 2007, lors d’une séance photo caritative de l’Unicef. Un clin d’oeil du destin qui a peut-être pesé dans la décision de «La Pulga» de se retirer d’une scène internationale du football désormais dominée par des jeunes loups aux dents longues. Sans oublier le décès, le 8 août 2026, à l’âge de 68 ans, de Jorge Messi, le père de Lionel.

Ainsi, l’un des plus célèbres «Numéros 10» argentins du football actuel, après Maradona, range son maillot avec l’Albiceleste. Ce n’est un secret pour personne, ce cauchemar des défenses adverses, que ce soit avec le club de sa vie Barcelone, ou durant son passage épisodique au Paris Saint- Germain ou encore avec l’Inter Miami où il évolue actuellement, a toujours été l’attraction. Haut comme trois pommes, il est irrésistible par ses dribbles chaloupés, ses coups de patte venus d’une autre planète, mais aussi par son humilité déconcertante. C’était un extra-terrestre qui avait le don de porter, à lui seul, tout une équipe vers la victoire et de décider, quand il le veut et où il le veut, du sort d’un match. Rares de défenseurs, notamment ceux du Real de Madrid, l’historique rival du Barça, pouvaient contenir le remuant et imprévisible Leo Messi durant les 90 minutes réglementaires d’un match de football. Dans son jardin du Camp Nou dont il maîtrise chaque centimètre de pelouse, il soulevait tout le peuple catalan qu’il comblait de gestes fous.

Certes, l’éternelle rivalité entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, 41 ans, qui s’était plus ou moins étiolée avec le départ de CR7 de la Liga, en 2018, mais qui s’est poursuivies au niveau des fans des deux stars, sur les réseaux sociaux tout comme dans les médias, continue, et continuera sans doute d’alimenter les débats. Mais, ce retrait, bien que partiel, du messie argentin du football marque la fin d’une époque. En attendant que le Portugais Cristiano Ronaldo, qui fait, aujourd’hui, les beaux jours de Al-Nassr FC, le club saoudien, décide, lui aussi, de tourner le dos à la sélection nationale, surtout après un mondial américain décevant, qu’il a traversé comme une ombre, c’est une ère footballistique qui tire, inexorablement, vers la fin. Considérés comme les deux meilleurs de leur génération,  «La Pulga» et CR7 peuvent se targuer d’un palmarès stratosphérique. Mais, il commencent à subir la trahison du poids de l’âge, doublée de l’usure inévitable de ces «classicos» qui étaient très attendus dans le monde entier et qu’il ne fallait perdre à aucun prix.

Quel héritage Lionel Messi laisse-t-il aux jeunes joueurs argentins qui auront le devoir de faire briller l’Argentine en Copa America et de ramener leur pays sur le toit du monde après 1978, 1986 et 2022? D’ores et déjà, les héritiers de Messi sont conscients que remplacer un footballeur, que dis-je, un génie comme leur capitaine, n’est pas une entreprise facile. S’ils doivent travailler pour viser son talent, ils doivent surtout chercher à cultiver l’humilité et la constance du grand meneur d’hommes, qu’était le capitaine argentin.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, c’est l’Inter Miami qui se frotte les mains, le club américain pouvant désormais jouir de son chouchou, à plein temps!

Par Wakat Séra