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Plus de 25 000 personnes expulsées vers des pays tiers depuis le retour de Trump

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Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, les Etats-Unis ont transféré au moins 25 447 personnes vers 28 pays tiers, selon une enquête du consortium journalistique international Forbidden Stories publiée ce lundi 21 septembre 2026. Près de 20 000 de ces expulsions ont été effectuées vers le Mexique.

Washington multiplie les accords avec des pays tiers pour y transférer des personnes qui, pour diverses raisons, ne peuvent être renvoyées directement vers leur pays d’origine. Selon l’enquête de Forbidden Stories, réalisée avec 72 journalistes de 23 médias dans 15 pays, les Etats-Unis ont conclu ou négocié des arrangements avec 35 Etats depuis le retour de Donald Trump au pouvoir.

Les conditions d’accueil varient d’un accord à l’autre, notamment concernant les nationalités admises et les antécédents judiciaires des personnes expulsées. En Afrique, 49 des 54 pays auraient ainsi été approchés par Washington pour accueillir des ressortissants de pays tiers, affirme le consortium.

Un mécanisme piloté par le département d’Etat

Une grande partie des négociations aurait été menée par l’Office of Remigration, un service du département d’Etat créé en mai 2025. Cette structure est également chargée de gérer les paiements liés aux accords. Elle est dirigée par le diplomate Christian Jové Ehrhardt.

Le Cameroun figure parmi les pays concernés. Yaoundé et Washington ont signé en décembre 2025 un protocole portant sur l’accueil de personnes expulsées des Etats-Unis. Un premier avion transportant des personnes expulsées est arrivé au Cameroun le 14 janvier 2026.

Cet accord est intervenu quelques semaines après la conclusion d’un programme d’aide sanitaire américain de près de 400 millions de dollars sur cinq ans avec le Cameroun.

D’autres Etats ont obtenu des financements en contrepartie de leur participation. Les Palaos, archipel du Pacifique comptant moins de 18 000 habitants, ont accepté en décembre 2025 d’accueillir jusqu’à 75 ressortissants de pays tiers, en échange de 7,5 millions de dollars. Au 31 août 2026, seules trois personnes y avaient été transférées.

En Eswatini, 32 personnes sont arrivées depuis juillet 2025, sur un contingent pouvant atteindre 160 personnes. L’accord représente plus de 5 millions de dollars et aurait notamment permis l’accueil de personnes ayant des antécédents criminels, selon Forbidden Stories.

410 millions de dollars provisionnés

Au total, 410 millions de dollars auraient été provisionnés par Washington pour financer ces différents dispositifs. D’après des documents internes consultés par Forbidden Stories, 81 millions de dollars doivent revenir directement aux gouvernements signataires.

Le reste des fonds est destiné à des organisations internationales, dont plus de 178 millions de dollars pour l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et 123 millions de dollars pour le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

L’implication de ces deux agences de l’ONU fait toutefois l’objet de critiques. Le HCR affirme ne pas être partie aux accords bilatéraux et indique utiliser les financements américains conformément à son mandat, notamment pour renforcer les systèmes d’asile.

De son côté, l’OIM dit accepter ces financements lorsqu’ils permettent, selon elle, d’améliorer la situation des migrants concernés. L’organisation précise toutefois que leur utilisation «ne constitue pas une approbation des expulsions américaines».

Cette politique américaine avait déjà été critiquée dans une précédente enquête de l’AFP. Des juristes estimaient notamment que les personnes transférées vers des pays avec lesquels elles n’ont aucun lien pouvaient se retrouver dans un «trou noir juridique», avec un accès limité aux garanties et aux recours effectifs.

Avec au moins 25 447 personnes transférées vers des pays tiers au 31 août 2026, le dispositif d’expulsions mis en place par l’administration Trump prend ainsi une dimension internationale, avec des accords désormais conclus ou négociés sur plusieurs continents.

Par Valentin SOMANDE