La zone d’Atchoukpa (au Bénin), naguère paisible, avait fini par se muer en théâtre d’ombres où les voleurs semblaient avoir pris leurs aises, au grand dam des honnêtes gens. Face à la résurgence des cambriolages, le Directeur départementale de la Police républicaine de l’Ouémé a décidé de rappeler que la nuit, si elle demeure propice aux mauvais desseins, ne saurait indéfiniment servir de complice muette. Une enquête fut donc ouverte, et les investigations ne tardèrent guère à livrer leurs premiers fruits.
Très tôt, des indices graves et concordants convergèrent vers un suspect que les services de Police connaissaient, hélas, fort bien. Un homme activement recherché, dont le curriculum vitae judiciaire affichait déjà deux séjours en prison pour des faits de cambriolage. Autant dire un abonné fidèle, sinon un client privilégié, de l’institution carcérale. Une filature discrète effectuée par le commissariat de l’arrondissement d’Atchoukpa a permis de le localiser au quartier Gbako, où il se la coulait douce, entre deux expéditions nocturnes.
Dans la soirée du samedi 19 septembre 2026, un dispositif discret fut mis en place aux abords de son domicile. Mal lui en prit, car l’homme tomba dans la nasse alors qu’il revenait fraîchement d’un autre cambriolage, le butin encore fumant entre les mains. Cueilli à froid, sans même avoir eu le loisir de savourer le fruit de son labeur, il fut immédiatement placé en garde à vue.
La perquisition effectuée à son domicile révéla une véritable caverne d’Ali Baba où s’entassaient, pêle-mêle, les trophées de ses forfaits passés. En tout premier lieu une trousse du parfait cambrioleur composée de 14 clés mécaniques, quatre pinces, deux tournevis et une scie, soit de quoi ouvrir, forcer, découper et, accessoirement, donner des sueurs froides à tout serrurier honnête. Deux ordinateurs portatifs, trois télévisions, treize portables androïdes, douze portables à touches et des appareils de sonorisation, des carreaux, des toilettes sanitaires, dix lampes projecteurs accompagnées de panneaux solaires et des rouleaux de gazons synthétiques, comme si l’homme avait entrepris de bâtir sa propre résidence secondaire avec les biens d’autrui.
Des cartons de liqueurs de diverses marques, une quantité impressionnante de chaussures neuves et des glacières neuves.
Comme une traînée de poudre, la nouvelle de son arrestation se répandit dans toute la zone. Spontanément, sept victimes se présentèrent au commissariat et reconnurent, non sans un mélange de soulagement et d’indignation, les biens qui leur avaient été dérobés lors de cambriolages précédents. Une reconnaissance qui, à défaut de réparer entièrement le préjudice, eut au moins le mérite de confirmer que la patience des limiers finit toujours par payer.
Police Bénin







































