Accueil Société Assainissement et eau au Burkina: l’union des ONGs fait la force

Assainissement et eau au Burkina: l’union des ONGs fait la force

Dongobada Firmin Hilaire, directeur des opérations de IRC (Ph. Wakat Séra)

Le secrétaire général du ministère de l’Eau et de l’Assainissement, Alassoum Sori a ouvert ce mercredi 26 juillet à Ouagadougou, un séminaire de trois jours qui regroupe les ONG intervenant dans les domaines de prédilection de son département. Ces journées de réflexion ont été organisées par IRC, un centre d’expertises qui vise, entre autres, l’atteinte des Objectifs du développement durable (ODD) d’ici 2030.

IRC qui a officiellement ouvert son bureau en 2012, au Burkina Faso a œuvré, durant ces cinq ans, directement sur le terrain, tant aux côtés des populations que des autorités pour trouver des solutions par rapport aux difficultés qui se posent en matière d’assainissement et d’eau potable.

«Pour l’assainissement, nous sommes très loin des cibles visées. Aujourd’hui on n’a que 13,4% des populations burkinabè en milieu rural qui ont un accès à des latrines améliorées. Plus de 80% font leur besoin dans la nature», a affirmé le directeur des opérations de IRC, Firmin Hilaire Dongobada, qui a estimé que par rapport à cette situation, «il apparaît nécessaire d’accélérer le rythme afin que d’ici 2030, on puisse être au rendez-vous des ODD».

Le séminaire qui rassemble environ 200 personnes, selon les organisateurs, vise à «tirer les meilleures pratiques qui vont nous permettre de poursuivre et de relever les énormes défis de l’assainissement et de l’eau potable», a indiqué M. Dongobada qui a, relevé que dans cette logique, le Burkina s’est doté de «nouveaux programmes opérationnels pour la réalisation des ODD dont le programme spécifique pour l’assainissement».

En fin 2016, «il y a eu beaucoup d’avancées (en matière d’assainissement) mais la situation reste à améliorer», a constaté le secrétaire général (SG) du ministère burkinabè en charge de l’Assainissement et de l’eau, Alassoum Sori,  confirmant qu’en «milieu rural, le taux des ménages qui ont accès à un assainissement adéquat est de 13,4%». En milieu urbain, il y a 36,8% des ménages qui bénéficient d’un accès adéquat, a poursuivi le SG, tout en mentionnant que de «2010 à 2017, il y a eu beaucoup de stratégies qui ont été mises en œuvre» dans ce sens.

Il a cité entre autres exemples, «l’intermédiation sociale et la promotion des technologies d’assainissement». Selon des données de 2016 de son ministère, «55% de la population pratique la défécation en plein air, 63,7% des écoles et 86,9% des centres de santé en milieu rural ne disposent pas d’infrastructures d’assainissement et d’hygiène de base».

Le SG du ministère de l’Eau et de l’Assainissement Alassoum Sori (Ph. Wakat Séra)

Dans le monde entier, la situation de l’assainissement est alarmante. Ainsi, selon une étude de l’OMS en 2013 citée par Alassoum Sori, «2,5 milliards de personnes n’avaient pas accès à des toilettes, 1,8 milliard d’individus consommaient de l’eau contaminée par excréta, 2 080 enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque jour de maladies diarrhéiques». Il a ajouté qu’une autre étude de la Banque mondiale réalisée en 2012, montre que le Burkina «perdrait chaque année, environ 86 milliards francs CFA».

Le représentant du chef de la délégation de l’UE au Burkina Andrea Leone ‘Ph. Wakat Séra)

Le représentant du chef de la délégation de l’Union européenne (UE) au Burkina, Andrea Leone, a, lui, fait savoir que la «contribution de l’UE au développement du sous-secteur-eau et assainissement- 2007 a été marqué par un engagement plus accru à partir de 2010 et ce à travers la mise en place de subventions au profit des populations rurales».

Des participants au séminaire de IRC (Ph. Wakat Séra)

C’est dans ce cadre qu’un montant de 20 millions d’euros (soit plus de 11 milliards de francs CFA) a été mobilisé pour soutenir le développement de l’assainissement familial en milieu rural, toujours selon M. Leone qui a souligné que par le canal d’ONGs expérimentées, le financement de l’UE a permis la «réalisation de plus de 110 000 ouvrages d’assainissement familial au profit d’au moins 1 100 000 personnes». Fort de cette expérience, un nouveau programme (2017-2020) a été signé en fin d’année dernière, «mêlant efficacement aide budgétaire et interventions des ONG», a conclu Andrea Leone.

Par Mathias BAZIE 

 

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