La chambre criminelle de la Cour d’appel, siégeant à Gaoua, a confirmé, le jeudi 2 juillet 2026, les peines de prison à vie prononcées contre les deux condamnés ayant fait appel dans l’affaire du lynchage de trois agents du Centre de contrôle des véhicules automobiles (CCVA) à Banlo dans le Djôrô, rapportent nos confrères de Bafuji Info qui ont suivi l’audience. Les magistrats n’ont retenu aucune circonstance atténuante susceptible de justifier une réduction de leur peine.
La procédure judiciaire dans l’affaire du meurtre de trois agents du Centre de contrôle des véhicules automobiles (CCVA) à Banlo connaît une nouvelle évolution. Le jeudi 2 juillet 2026, la chambre criminelle de la cour d’appel, réunie à Gaoua, a confirmé en toutes ses dispositions le jugement rendu en première instance, maintenant ainsi la condamnation à la réclusion à perpétuité des deux accusés qui avaient contesté leur peine.
Déclarés coupables en première instance, les deux hommes avaient saisi la juridiction d’appel dans l’espoir d’obtenir une réduction de leur condamnation. Pour appuyer leur requête, ils ont invoqué des circonstances atténuantes et sollicité la clémence de la cour.
Les faits remontent au 27 août 2021. À Banlo, trois agents du CCVA avaient été violemment lynchés après un accident de la circulation ayant entraîné la mort d’un jeune du village. Au total, six personnes avaient été reconnues coupables lors du jugement rendu en première instance.
Au cours de l’audience d’appel, les deux condamnés ont, de nouveau, été entendus. L’un est resté constant dans sa première version des faits, multipliant les appels à la compassion des juges. Le second a, en revanche, modifié son récit. Il a expliqué avoir fait feu avec son arme dans le dos d’une des victimes alors qu’il soutenait vouloir effectuer un simple tir de sommation. Tous deux ont finalement reconnu les faits qui leur étaient reprochés, exprimé leurs regrets et demandé l’indulgence de la juridiction.
La partie civile a toutefois estimé que les arguments avancés ne pouvaient justifier une quelconque réduction de peine. Selon l’avocat des familles des victimes, les éléments du dossier démontrent le caractère prémédité du crime. Il a notamment rappelé que les auteurs étaient retournés chercher des armes à feu avant de poursuivre les victimes, ce qui traduisait, selon lui, une volonté délibérée de passer à l’acte. Pour cette raison, il a soutenu qu’aucune circonstance atténuante ne pouvait être retenue au regard de la gravité des faits.
À l’issue du verdict, Maître Yéré Amédé a salué la décision de la cour. «Ce n’est qu’un sentiment de fierté et de légitimité. C’était vraiment une scène très barbare. Pour un accident de la circulation, un homicide involontaire, en venir à lyncher trois personnes sans motif sérieux. Ils ont demandé la clémence, mais sur quelle base ? Il n’y avait aucune circonstance qui pouvait militer en leur faveur. Le droit a été dit», a-t-il déclaré.
L’avocat a néanmoins reconnu que cette décision judiciaire ne saurait effacer la souffrance des proches des victimes. «Sur le plan juridique, justice a été rendue puisqu’ils ont été jugés et condamnés. Mais cette condamnation ne fera jamais revenir les trois victimes. Les familles continueront à vivre avec cette cicatrice», a-t-il ajouté.
De son côté, la défense n’a pas remis en cause la culpabilité de ses clients, mais a plaidé pour une appréciation plus globale des circonstances. Elle a souligné que les deux hommes ne présentaient aucun antécédent judiciaire et que les enquêtes de personnalité les décrivaient comme des personnes bien intégrées dans leur communauté, sans réputation de violence.
L’avocat a également soutenu que le drame s’était produit dans un climat de vive émotion provoqué par la mort de leur fils à la suite de l’accident de circulation. Selon lui, ces éléments devaient être considérés comme des circonstances atténuantes et permettre une peine moins lourde, afin que les condamnés puissent, à terme, participer à des actions de sensibilisation contre la violence.
Après avoir examiné les différents moyens développés par les parties, la chambre criminelle a finalement décidé de confirmer intégralement le jugement de première instance.
L’avocat général près la cour d’appel de Bobo-Dioulasso, Pooda Poulmin, a expliqué les motivations de cette décision: «Le procès de Banlo vient de connaître sa fin en appel, c’est-à-dire au deuxième degré de jugement. L’arrêt attaqué a été confirmé en toutes ses dispositions. Les deux condamnés demandaient la clémence de la chambre criminelle, mais celle-ci n’a trouvé aucune circonstance atténuante permettant de revoir leurs sanctions à la baisse», a-t-il indiqué.
Il a, par ailleurs, rappelé que cinq des six personnes condamnées en première instance avaient écopé de la prison à vie, tandis que la sixième, condamnée à cinq ans d’emprisonnement, a déjà recouvré sa liberté. Seuls les deux condamnés concernés par cette audience avaient exercé un recours contre la décision rendue le 16 décembre 2024.
Les deux hommes disposent désormais d’un délai de cinq jours pour se pourvoir en cassation, dernière voie de recours prévue par la législation burkinabè.
Avec cette décision, la procédure d’appel prend fin dans ce dossier emblématique. Sauf exercice d’un pourvoi en cassation dans le délai légal, les condamnations à la réclusion criminelle à perpétuité prononcées contre les deux appelants deviennent définitives.
Par Valentin SOMANDE





























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