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Burkina: «Appliquez aux terroristes leur stratégie dans la lutte et on aura la victoire»

Les panélistes de la conférence publique sur la sécurité au Sahel

Des experts en sécurité ont appelé, le 27 août 2022, au cours d’une conférence publique à Ouagadougou,  les pays du Sahel à unir leurs forces pour lutter contre les groupes armés terroristes qui sévissent dans cette région.

Le Secrétaire général de la Défense nationale, Colonel-major Ousmane Traoré

La Société burkinabè de géopolitique (SBG) a organisé, samedi 27 août 2022, au Centre national de Presse Norbert Zongo à Ouagadougou, une conférence publique sur la sécurité au Sahel.  Quatre panélistes ont animé les débats dont le Colonel-major Ousmane Traoré, Secrétaire général de la Défense nationale, le Colonel Auguste Denise Barry, officier supérieur de l’Armée, enseignant à l’Université et ancien ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamoudou Sawadogo, gendarme à la retraite et expert en sécurité et Kalifara Séré, ancien Secrétaire général du ministère en charge de l’Administration territoriale.

Les échanges ont porté sur le thème «Lutte contre le terrorisme au Sahel: comment construire une autonomie stratégique dans un contexte  géopolitique en pleine mutation».

Le colonel Auguste Denise Barry, conférencier

Le premier panel porté sur le sous thème «Contexte sécuritaire actuel au Sahel et la question de l’autonomie stratégique» a été développé par Kalifara Séré qui a noté que le Sahel fait face à un conflit anachronique avec des acteurs non conventionnels qui s’attaquent à des Armées régulières.

Le communicateur a souligné la nécessité pour les pays du Sahel, dont le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Tchad, la Mauritanie, d’élaborer une doctrine commune avec des champs, de conceptualiser ‘‘un optimisme sahélien’’. «Mais il faut une autonomie conceptuelle, méthodologique, et financière», a insisté Kalifara Séré, soulignant l’urgence pour ces pays d’avoir une convergence d’actions pour asseoir une véritable souveraineté, une autonomie stratégique afin de lutter contre le fléau du terrorisme.

Kalifara Séré, communicateur lors de la conférence publique sur la sécurité au Sahel

La deuxième communication animée par le Secrétaire général de la Défense nationale, Ousmane Traoré, a fait un aperçu sur la politique et stratégie de sécurité nationale au Burkina Faso. Il a souligné que le pays a fait face à trois chocs que sont l’Insurrection populaire d’octobre 2014, l’avènement du terrorisme et la crise de la Covid-19-19, qui ont créé une rupture stratégique dans la politique de sécurité nationale.

Le Colonel Auguste Denise Barry a développé le troisième sous thème qui a porté sur les «Pistes de renforcement de l’autonomie stratégique en matière de réflexion stratégique, de mobilisation des ressources nécessaires à la guerre et de logistique sécuritaire». Pour l’officier supérieur de l’Armée burkinabè, l’autonomie stratégique permet à  chaque pays de réaliser la souveraineté stratégique. Mais cette autonomie, a-t-il précisé, «ne peut être totale, la puissance ne peut être totale». Face aux puissances extérieures, l’ancien ministre de la Sécurité a appelé les pays du Sahel à «décomplexer les mentalités» s’ils veulent acquérir une autonomie stratégique.

L’expert en sécurité Mahamoudou Sawadogo

La dernière communication a été assurée par le gendarme à la retraite et expert en questions sécuritaires, Mahamoudou Sawadogo, qui a développé le sous thème portant sur «Politique et stratégie de sécurité nationale au Burkina Faso».

L’expert en sécurité a d’abord décliné les objectifs stratégiques des groupes armés qui consistent, entre autres, à affaiblir le pouvoir central, à délégitimer l’État central aux yeux des populations. Pour cela, a-t-il ajouté, «ils utilisent des modes opératoires qui sont, entre autres, des attaques contre les Forces de défense et de sécurité, les civils, la destruction des infrastructures».

Des participants à la conférence publique

Ces groupes armés utilisent également des instruments idéologiques et militaires. «Prenez la stratégie des terroristes, appliquez cette stratégie dans la lutte contre le terrorisme et on aura la victoire», a, entre autres, recommandé Mahamoudou Sawadogo comme solution à la menace terroriste.

Les conférenciers ont rappelé que les groupes armés terroristes sont une organisation transnationale, qui n’ont pas de frontières, soutenant que pour venir à bout de la menace, cela nécessite une coopération opérationnelle transnationale.

Par Siaka CISSE (Stagiaire)

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