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Chine: le Parlement engage la reprise en main de Hong Kong

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Xi Jinping, président chinois

Le Parlement chinois a adopté jeudi une nouvelle disposition pour la sécurité nationale à Hong Kong, en réaction aux manifestations de l’an dernier dans l’ex-colonie britannique, malgré la menace de sanctions américaines, rapportent des médias.

C’est environ 3 000 députés de l’Assemblée nationale populaire (ANP) qui ont voté sans surprise la mesure, qui a déjà provoqué un regain d’agitation dans la région autonome du sud de la Chine. Seul un député a voté contre et six se sont abstenus. Le vote a été salué par de longs applaudissements dans le cadre solennel du Palais du peuple à Pékin, en présence du président Xi Jinping.

Les opposants démocrates à l’influence de Pékin dans le territoire affirment que la mesure ouvre la voie à une régression sans précédent des libertés dans la métropole financière de sept millions d’habitants. Alors que la députée Martin Liao, pro-Pékin, a en revanche salué le vote du Parlement national : « Cette décision ne portera pas atteinte aux droits et libertés dont jouissent les Hongkongais. Au contraire, elle aidera Hong Kong, sur le long terme, à se défaire de la violence et du chaos ».

Alors que l’agitation était retombée ces derniers mois à la faveur des mesures prises contre l’épidémie de Covid-19, des milliers de manifestants sont à nouveau descendus dans la rue dimanche pour protester contre le projet de loi, annoncé seulement trois jours plus tôt, avant d’être maîtrisés par la police. La disposition donne mandat au Comité permanent de l’ANP pour rédiger un projet de loi qui sera incorporé dans la mini-constitution de Hong Kong, contournant le vote du Conseil législatif local.

Mais cette nouvelle loi n’est pas du tout du gout des Etats-Unis d’Amérique qui s’inquiètent de l’avenir du grand centre financier asiatique. C’est pourquoi d’ailleurs, sans attendre le vote du Parlement chinois, l’administration Trump avait ouvert la voie à des sanctions économiques contre Hong Kong.

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a annoncé mercredi au Congrès qu’il ne considérait plus le territoire comme autonome vis-à-vis de Beijing. Aucune personne sensée ne peut soutenir aujourd’hui que Hong Kong conserve un haut degré d’autonomie par rapport à la Chine, a-t-il déclaré.

Concrètement, l’administration de Donald Trump peut désormais mettre fin au statut commercial préférentiel accordé à l’ex-colonie britannique. Mais elle n’a pas encore dit si elle mettrait cette menace à exécution.

Cette loi devra empêcher, stopper et réprimer toute action qui menace gravement la sécurité nationale, comme le séparatisme, la subversion, la préparation ou la commission d’activités terroristes, ainsi que les activités de forces étrangères qui constituent une ingérence dans les affaires de Hong Kong, selon le projet soumis à l’ANP.

Le régime communiste a accusé à plusieurs reprises l’an dernier des forces étrangères, notamment américaines, de fomenter l’agitation à Hong Kong. Il a également accusé les manifestants radicaux de se livrer à des activités terroristes. De l’avis des opposants, le texte signe la fin du principe un pays, deux systèmes qui préside aux relations entre Hong Kong et Beijing depuis la rétrocession du territoire à la Chine en 1997.

Par Wakat Séra

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