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Coronavirus au Burkina: dites-nous tout, messieurs les gouvernants!

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Rood-Woko, le marché central de Ouagadougou

Le Covid-19 continue-t-il de sévir avec la même âpreté au Burkina? Seuls les scientifiques et ceux qui sont à la gestion de la crise peuvent répondre à cette interrogation qui constitue en réalité une inquiétude. «Pourquoi ils ne veulent plus nous informer» se demandait une lectrice de Wakat Séra qui a attendu en vain, cet instantané des chiffres clés que nous diffusons sur notre site et par les réseaux sociaux, dès que la Coordination de la lutte contre le coronavirus les rends publics. Comme bien des Burkinabè qui guettent ces informations avec impatience, cette fidèle lectrice devra prendre maintenant son mal en patience. Après être passés de quotidien à hebdomadaire, ces points de presse ne peuvent plus recevoir tout le monde, respect de la distanciation oblige. La belle initiative trouvée par la Coordination et le Service d’information du gouvernement (SIG) pour ne pas laisser les rumeurs folles et alarmantes tuer plus vite que la maladie elle-même, c’est de faire parvenir aux rédactions des communiqués. Sauf que le retard, voire l’absence inexpliquée de ces bilans laissent désormais perplexes. Et la nature ayant horreur du vide, les experts en pandémie qui ont assailli les différents réseaux sociaux où ils s’adonnent, souvent de mauvaise foi, ou par ignorance à la propagation d’un autre virus encore plus mortel, la désinformation.

Il faut donc réajuster très vite le tir et donner l’information. Même si elle est parfois tronquée pour la bonne cause, car le Burkina est en guerre, il faut informer. C’est du reste prouvé que l’information, et la communication de façon plus générale constituent des ingrédients indispensables à toute stratégie vigoureuse. Une bonne communication de la part du gouvernement burkinabè pourrait bien tranquilliser tous ces commerçants qui ne savent plus à quel saint se vouer, parce que leurs marchés sont fermés. Du reste, pourquoi ne pas juste mettre à profit ce temps de fermeture des marchés et «yaars» pour les désinfecter et installer autour, de véritables cordons sanitaires? C’est bien faisable, avec la compréhension des Burkinabè qui ont tous pris maintenant la mesure de la gravité de la situation. Le concours des agents des forces de sécurité qui se font cuire la peau sous le soleil brûlant de Ouagadougou aux poteaux des feux de signalisation, devrait bien ramener à la raison, les commerçants et acheteurs les plus téméraires qui voudraient se soustraire au respect des mesures barrières. Sinon, le syndrome de la marmite familiale vide risque de tuer plus que le Covid-19. Rien ne sert de fermer des marchés pour faire de leurs alentours des marchés encore plus vivants qui alimentent, à qui mieux mieux, la chaîne de transmission du virus. Pendant combien de temps tiendrons également tous ses conducteurs et propriétaires des véhicules de transport en commun mis aux arrêts alors qu’il pouvait être, par exemple, interdit de prendre plus de trois passagers dans les taxis de cinq places, lesquels clients devront obligatoirement porter leurs masques et se laver les mains avant de prendre place dans la voiture?

En Afrique, le Covid-19, certes, est loin de faire les mêmes ravages de l’ampleur de la situation en Espagne, en Italie ou aux Etats-Unis, mais il n’attend que le relâchement et les mauvais choix de lutte pour décimer davantage et mettre le tissu socio-économique en lambeaux. L’Afrique, à en croire les experts, qui ne sont pas tous forcément des oiseaux de mauvais augure, se relèvera difficilement de cette crise de trop. Faisons donc les bons choix pendant qu’il est encore temps.

Par Wakat Séra

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