
Il aura attendu plusieurs mois avant de l’obtenir, mais il vient de l’avoir ce lundi 20 juillet 2026! Après une visite éclair à Dakar, le vendredi 17 juillet, où il a été reçu au cours d’une audience non moins rapide, par son successeur, dans ce qui lui servait de palais présidentiel il y a maintenant deux ans, l’ex président sénégalais, Macky Sall, peut se réjouir du «plein soutien» de son pays dans la course au poste de Secrétaire Général de l’ONU. Sa candidature était, jusque là portée par le Burundi qui tient la présidence tournante de l’Union africaine. Problème, une vingtaine des pays membres de la même organisation continentale, s’opposait, ou, tout au moins, affichait ouvertement, un non accord au projet de l’ancien chef de l’Etat sénégalais qui convoite le siège de l’actuel patron de l’ONU, Antonio Guterres.
Paradoxe des paradoxes, le Sénégal, le propre pays de Macky Sall, s’est désolidarisé de l’ambition à l’internationale de son fils. Tous lui reprochent les répressions, dont certaines marquées par un bilan macabre, des manifestations politiques, notamment entre 2021 et 2024. De plus, à l’époque, après avoir solennellement signifié sa volonté de quitter les affaires à la fin de son deuxième mandat constitutionnel, dans une pirouette digne d’un champion olympique de gymnastique, l’ancien président était revenu sur sa décision. Il demandait un temps supplémentaire, repoussant ainsi la tenue de l’élection présidentielle de 2024. A l’instar de la Chilienne, Michelle Bachelet, elle aussi ancienne présidente de la république, mais dont le pays lui a retiré son soutien à sa candidature au même fauteuil de SG de l’ONU, Macky Sall était donc en délicatesse avec le Sénégal.
Désormais, transcendant les clivages politiques et les querelles intestines pour privilégier l’intérêt du Sénégal à l’internationale, mais aussi cherchant la côte auprès des militants de l’Alliance pour la République (APR), le parti politique de son prédécesseur, Bassirou Diomaye Faye a sauté le pas. Ce qui n’est pas du tout du goût d’une partie de la société civile qui brandit la mémoire des manifestants décédés ou blessés lors des répressions violentes, mais aussi de certains politiques dont ceux de l’aile Ousmane Sonko, et sans doute l’ancienne Premier ministre, Aminata Touré, qui avait pris ses distances avec l’APR, alors qu’elle en était une membre influente. Rien n’étant figé en politique, terrain par excellence de transhumance et de revirements spectaculaires, la vérité d’hier n’est pas toujours celle du jour. Comme quoi, quand le rythme du tam-tam change, les pas de danse doivent s’adapter aussi. C’est un dicton bien connu en Afrique.
En tout cas, Macky Sall qui, il faut le rappeler, n’est visé pour l’instant, par aucune juridiction de son pays, vient d’avoir le soutien du Sénégal, et pas que. Bassirou Diomaye Faye a instamment «instruit le gouvernement et l’ensemble du réseau diplomatique sénégalais de se mobiliser pleinement pour promouvoir cette candidature auprès des États membres des Nations Unies», tout comme il a invité «également toutes les forces vives de la Nation à soutenir cette candidature qui est désormais celle du Sénégal au service de l’Afrique et d’un multilatéralisme plus performant».
Macky Sall n’en demandait certainement pas mieux. Mais cette pièce manquante, maintenant trouvée, sera-t-elle suffisante au désormais candidat du Sénégal, pour tomber les trois adversaires en face? La Chilienne Michelle Bachelet, l’Argentin Rafael Grossi et la Costaricaine Rebeca Grynspan, sont loin de compter pour zéro. Et tout comme Macky Sall, ils bénéficient de soutiens de poids lourds de la scène internationale. C’est clair, la bataille est loin d’être gagnée, à cette étape de campagne, par l’un ou l’autre candidat. Car, le choix final sera soumis au vote de l’Assemblée générale, sur proposition du Conseil de sécurité, où les Etats-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni et la France, disposent, chacun, d’un droit de veto, ce carton rouge tant redouté lors de la prise de grandes décisions sur la vie de la planète! Sans oublier que les Africains ne constituent pas une garantie d’office pour Macky Sall, chaque pays du continent noir votant toujours selon les directives de son parrain, membre permanent du Conseil de sécurité.
L’ancien président sénégalais a donc gagné une bataille, mais pas la guerre!
Par Wakat Séra






























![[Tribune] La rivalité Diomaye–Sonko entre dans l’ère inquiétante des légitimités concurrentes](https://www.wakatsera.com/wp-content/uploads/2025/11/faye-et-sonko-180x135.jpg)







