À Madagascar, une nouvelle tension institutionnelle secoue les plus hautes sphères de l’État. Selon des médias, le parquet d’Antananarivo a sollicité, dimanche 31 mai 2026, l’autorisation d’engager des poursuites contre quatre membres de la Haute Cour constitutionnelle (HCC), accusés de «complot en vue de déstabilisation». Cette initiative intervient dans un climat politique déjà marqué par de «vives divergences» autour du fonctionnement de la juridiction constitutionnelle.
Le parquet d’Antananarivo a franchi une nouvelle étape dans une affaire qui pourrait avoir des répercussions majeures sur l’équilibre institutionnel malgache. Selon plusieurs sources, la procureure de la capitale, Narindra Navalona Rakotoniaina, a saisi, le 31 mai la ministre de la Justice afin d’obtenir l’autorisation de poursuivre pénalement quatre des neuf juges de la Haute Cour constitutionnelle.
Les magistrats concernés sont Noelson William, Rojoniaina Ranaivoson, Georges Merlin Rasolo Nandrasana et Antoine Rambohanitrimbola. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à un «complot en vue de déstabilisation», dans le cadre d’une enquête portant sur des actes présumés susceptibles de porter atteinte aux institutions de la République.
Cette démarche judiciaire intervient seulement deux jours après une décision rendue par la HCC concernant une requête en destitution visant le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina. Si aucun lien officiel n’a été établi entre les deux événements, leur proximité temporelle alimente de nombreuses spéculations dans les milieux politiques et judiciaires.
Pour l’heure, les autorités n’ont pas communiqué les éléments précis ayant motivé les accusations. Ce manque d’informations nourrit les interrogations au sein de la classe politique ainsi que parmi les organisations de la société civile.
Depuis plusieurs mois, la Haute Cour constitutionnelle est traversée par des dissensions internes liées notamment au renouvellement de certains de ses membres indiquent certaines sources. Deux hauts conseillers avaient «publiquement contesté» la légalité de leur remplacement, estimant que les procédures appliquées ne respectaient pas les dispositions en vigueur.
Ces désaccords ont progressivement accentué les tensions autour de la gouvernance de l’institution, chargée de garantir le respect de la Constitution, de statuer sur les contentieux électoraux et d’interpréter les textes fondamentaux du pays.
À ce stade, aucune poursuite n’a encore été engagée et les quatre magistrats bénéficient pleinement de la présomption d’innocence. L’issue de cette procédure préliminaire sera scrutée avec attention tant par les acteurs nationaux que par les partenaires internationaux, alors que Madagascar cherche à préserver la stabilité de ses institutions dans un contexte politique particulièrement sensible.
Par Valentin SOMANDE






























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