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Mali: le vendredi de tous les dangers pour IBK?

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Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta (Ph. dakaractu.com)

Que réserve la journée de ce vendredi 19 juin au président malien? Bien malin qui pourra répondre avec certitude à cette interrogation. Une chose est certaine, la manifestation prévue ce jour pourrait bien enfoncer, un peu plus, le Mali dans la crise socio-politique dans laquelle le pays est plongé depuis un certain temps. Ibrahim Boubacar Keïta est sur une pente raide. Et ce n’est pas évident que la mission dépêchée à Bamako, ce jeudi, par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) puisse faire fléchir ceux qui exigent la démission de IBK. Le miracle serait déjà de raccorder les fils du dialogue entre le chef de l’Etat du Mali et ceux qui veulent son départ, hic et nunc. Lors de la dernière marche du vendredi 5 juin dernier qui a drainé des milliers de Maliens dans les rues de la capitale, le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS) de l’Imam Mahmoud Dicko, la société civile, Espoir Mali Koura (EMK) et des partis politiques de l’opposition, ont fait une véritable démonstration de force. Le pouvoir de IBK en difficulté a alors été contraint d’aller vers des concessions et en arriver même à proposer la formation d’un gouvernement d’ouverture nationale, mettant également sur la table, la dissolution de la nouvelle assemblée nationale.

La concession de la dissolution du parlement pourrait peser lourd dans la balance, quand on sait que ce sont les résultats tronqués des dernières législatives de mars-avril, qui sont la goutte d’eau qui a fait déborder le vase trop plein des revendications qui vont de la mauvaise gouvernance, à l’insécurité chronique, en passant par la corruption, l’éducation à l’agonie, le système de santé en panne avec des hôpitaux fermés, le chômage des jeunes, les services d’électricité et d’eau perturbés, etc. Quel est l’agenda de l’Imam Mahmoud Dicko qui, visiblement, porte sur son keffieh de chef religieux, les ressentiments des Maliens, griefs aussi longs que le chapelet qu’il égrène à longueur de journée? En tout cas, les positions, même si elles ne sont pas irréversibles, semblent bien tranchées. Certes, l’homme de Dieu essuie aussi les critiques de ses contempteurs selon lesquels il n’est point dans son rôle, en contestant l’autorité, mais les Maliens dans leur majorité, disent en avoir marre d’un président à qui ils ont, paradoxe des paradoxes, accordé leur confiance pour un second mandat présidentiel. Mais comme l’Afrique est championne dans les parodies d’élections, le sujet est vite clos. Il faudra donc plus que les propositions que Ibrahim Boubacar Keïta a faites, pour le sortir de ce pétrin dont il est le seul responsable, ayant trop joué les sourds, face aux conditions difficiles de vie des Maliens, endeuillés qui plus est au quotidien par les attaques terroristes qui n’en finissent pas.

IBK trouvera-t-il les ressources nécessaires pour transformer en vendredi de l’espoir pour les Maliens, ce jour que nombre d’analystes politiques présentent comme celui de tous les dangers pour lui? Aura-t-il encore la force pour redresser le gouvernail du bateau qui tangue? En tout cas, l’homme dispose encore, selon les dispositions constitutionnelles de son pays, d’au moins trois ans de pouvoir. Mais s’il a le sceptre de la légalité, il semble visiblement avoir perdu le manteau de la légitimité.

Par Wakat Séra

 

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