Accueil A la une Mohamed Bazoum: ça fait du bien là où ça fait mal!

Mohamed Bazoum: ça fait du bien là où ça fait mal!

Le président nigérien, Mohamed Bazoum

Les pays africains doivent prendre en main la défense de leurs frontières et de leurs populations contre les terroristes, mais à court de moyens, peuvent demander le soutien de leurs partenaires extérieurs. C’est l’une des vérités dites en toute sincérité, et armé de sa sérénité légendaire, par le président nigérien, Mohamed Bazoum. C’était lors de son séjour français, au cours duquel, aux côtés de son homologue français, Emmanuel Macron, il a participé au premier sommet sur le G5 Sahel, après l’annonce par Elysées du retrait de la force française Barkhane, de cette zone de l’Afrique où se sont sanctuarisés les terroristes et bandits de tout acabit.

C’est dans la même lancée que le chef de l’Etat du Niger, qui vient d’accomplir ces cent premiers jours d’un quinquennat de défis, a condamné les deux irruptions successives, en neuf mois, des officiers au sommet de l’Etat malien, qui, pourtant, a plus que jamais besoin d’eux pour sauver son intégrité physique qui tombe par pans entiers, de la faute des djihadistes. Malheureusement, il n’en fallait pas plus pour que des activistes et des politiciens à courte vue, populistes à l’excès, tombent, à claviers et bras raccourcis, sur Mohamed Bazoum, alors que celui-ci n’est que dans une démarche de conscientisation de ses «frères» africains qui font face à ces deux fléaux, véritables boulets au pied d’un continent noir en quête sans fin développement.

Il s’agit surtout, pour les Africains, de ne pas se tromper de combat, car, comme le dit le proverbe, «la vérité rougit les yeux, mais ne les casse pas». Il est temps, et sans doute grand temps, pour les Africains d’assumer plus de 60 années d’indépendance en sortant des constants mariages et divorces avec des puissances étrangères dont le but à tous est simplement de coloniser ou de recoloniser. Vouer la France aux gémonies pour tomber dans les bras de la Russie et en sortir pour entrer en ménage avec la Chine, pour ensuite retourner à ses anciennes amours quand le nouveau ménage va battre de l’aile, ne pourra que retarder l’émancipation du continent noir.

«On ne développe pas, on se développe», avait sentencieusement affirmé, l’historien et politicien burkinabè, Feu le Professeur Joseph Ki-Zerbo. Et le président Mohamed Bazoum, un autre Professeur, ne dit pas le contraire, car laisser dans les mains d’autrui, un domaine de souveraineté comme la défense du territoire national et encourager les putschs militaires et la mauvaise gouvernance, ne peuvent qu’engluer davantage «le berceau de l’humanité» dans la gadoue de la pauvreté. Même si accepter un coup de main d’un partenaire peut toujours aider, surtout dans le cas du Sahel engagé dans une lutte contre le terrorisme que ne peuvent combattre les seuls courage et détermination des forces armées locales, il urge de donner à ces dernières, les moyens minimums provenant des propres ressources des Etats et organisations africains.

Dans le parler bien propre à eux, les «nouchis» ivoiriens affirment que «gbê est mieux que drap» pour dire que la vérité est mieux que le désastre, conséquence de la complaisance. Mohamed Bazoum est probablement, pour ne pas dire certainement, un apôtre du «qui aime bien châtie bien». Du reste, ce franc-parler, s’il est adopté par les autres dirigeants, permettra, sans aucun doute d’éviter bien des conflits dont l’Afrique aurait fait l’économie, si quelqu’un ou tous, avaient eu le courage de parler, de dire la vérité à son voisin, à son frère, à son homologue président, qu’il soit militaire auteur de coups d’Etat ou civil tombé sous le charme des mandats à vie.

Par Wakat Séra

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