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Morts de Tanwalbougou ce dimanche: Newton Ahmed Barry décrit l’horreur!

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Une vue des dégâts chez le Cheikh Tokora Mobbo

Par le biais de cet écrit, Newton Ahmed Barry, raconte l’horreur vécue le dimanche 30 juin par les habitants de Tanwalbougou dont 12 des leurs ont été arrêtés, le lundi 29 juin, et les corps de certains auraient été retrouvés le lendemain, «criblés de balles». La petite Aminata, en classe de 47 est ainsi devenu orpheline, son père se trouvant parmi les sept «tués». Selon un post du Dr Daouda Diallo, coordonnateur du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC), cette structure a pu obtenir l’implication du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour «secourir les cinq rescapés torturés et abandonnés dans un état critique». Ceux-ci se trouveraient «désormais à l’hôpital de Fada N’Gourma». La plupart des victimes, selon une source, seraient des proches du Cheikh Tokora Mobbo, notabilité religieuse de la localité, auprès de qui ils avaient, avec d’autres éleveurs, trouvé refuge, suite aux «précédents événements tristes».

«À Tanwalbougou hier, 30 juin, à 6h, à peine la prière du fadjr terminée, le quartier Peulh a été encerclé. 12 hommes, moyenne d’âge 45 ans, ont été rassemblés et emportés dans des pickup. La petite Aminata, en classe de 4è, s’est accrochée de toute la force de ses bras, à une des pickup qui transportait son père, Tidiane Bandé, 56 ans. Elle en a été violemment éjectée. Elle criait «laissez moi mon papa. Il est malade!»

Ce que redoutait Aminata dans son innocente intuition a fini par se produire. Son père a été abattu et son corps en ce moment pourrit, quelque part entre Tanwalbougou et Matiakoali. Ce qui reste de sa famille n’ose pas aller prendre ses restes. Avec lui, 6 autres hommes auraient subi le même sort. Ils n’auront pas droit à une sépulture car sûrement, ils ont été triés «comme l’ivraie». Des 12, la bonne graine qui est restée, en piteux état, 5 hommes.

Depuis, le quartier Peulh de Tanwalbougou, disons les femmes, ont pris la route d’un exil, pour aller nulle part. Car aujourd’hui être Peulh au Burkina Faso, est sûrement la douleur la plus incommensurable. Nulle part où aller et dans certaines parties du pays, les transports en commun refusent de les prendre.

Mais au moins, pour Tanwalbougou, la purification est faite. Le quartier Peulh est parti. La paix devrait désormais y régner en maître.

NAB

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