Accueil Editorial Sahel: Barkhane encore endeuillée, G5 Sahel toujours en souffrance

Sahel: Barkhane encore endeuillée, G5 Sahel toujours en souffrance

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Des soldats français dans le sahel africain (Ph. defense.gouv.fr)

Plus deux! C’est l’addition macabre qu’ont dû faire les djihadistes qui écument le Sahel et plus particulièrement le Mali où ils dictent leur loi aux populations et même aux autorités. Cette énième opération qu’ils viennent de mener et qui a endeuillé une fois de plus la force Barkhane, est la preuve que, malgré les revers sévères qu’ils ont subis de la part de la force française, les terroristes restent dangereux sur le terrain. 22 soldats français ont ainsi payé de leur vie, depuis le début de l’opération Serval en 2013, la soif aveugle et inextinguible de sang des djihadistes qui ont fait du Sahel un bastion presque imprenable. Jusqu’où iront ces tueurs sans foi ni loi que rien ne semble arrêter et qui excellent désormais dans l’utilisation des mines anti-personnelles dans cette guerre asymétrique dont eux maîtrisent les règles non écrites dans aucun manuel militaire? Même Barkhane dont la création en 2014 sur les cendres de Serval devra reconnaître, non son inefficacité, mais tout le mal à exterminer les djihadistes dans ce désert sahélien qui se transforme en cimetière géant pour soldats français et éléments de la Minusma. Comme quoi, la puissance de feu à elle seule ne suffira pas pour mettre hors d’état de nuire les bandits qui se servent malheureusement de la religion pour assouvir leur dessein funeste.

Quelle solution donc pour éradiquer ce nouveau cancer qui a complètement déstabilisé l’ordre mondiale et la quiétude nécessaire pour asseoir le développement, notamment dans des pays africains où tout est priorité? La Mauritanie, le Mali, le Tchad, le Niger et le Burkina Faso particulièrement éprouvés ont, eux, placé tous leurs espoirs dans le panier du G5 Sahel. Problème! La force du G5 Sahel peine à se mettre véritablement en marche, en l’absence du nerf de la guerre. Seulement 280 millions d’euros sur un budget prévisionnel de 423 millions, soit un peu plus de62, 5%, ont pu être mobilisés pour l’opérationnalisation de cette force qui n’arrive pas à se mettre sous le giron de l’Onu, du fait de la farouche opposition des Etats-Unis. Ironie du sort, c’est deux jours avant la grande réunion de Bruxelles pour booster le financement de la force du G5 Sahel que les djihadistes se sont mis en évidence par le biais de cette nouvelle attaque. Comme quoi, il y a urgence à trouver la stratégie pour mettre fin aux assauts meurtriers et dont la fréquence est pratiquement passée au quotidien, surtout en territoire malien où les terroristes frappent, volent, blessent, et tuent, presqu’impunément.

Serval, Barkhane et Minusma ayant montré leurs limitent, il est peut-être temps de mettre à l’essai la force du G5 Sahel. Question: mais que pourront réellement des armées qui forment cette force conjointe, elles qui sont foncièrement démunies en logistique et surtout pauvres sur le plan des renseignements? De nouvelles stratégies consolidées par une collaboration effective des populations dans lesquelles se cachent les djihadistes le jour, pour opérer la nuit, doivent être élaborées pour donner des chances à la force du G5 Sahel sur un terrain où ses devancières connaissent bien des déboires. Peut-être avant l’enlisement définitif.

Par Wakat Séra  

 

 

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