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Situation sécuritaire: le Comité de solidarité/Trois-Rivières délaisse le Burkina Faso

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Depuis les attentats de janvier 2016, le CS3R n’envoie plus de stagiaires au Burkina Faso, affirme le directeur général de l’organisme

L’instabilité et la menace terroriste au Burkina Faso forcent le Comité de solidarité/Trois-Rivières à revoir ses stages d’aide humanitaire. Depuis les attentats de Ouagadougou en 2016 qui ont fait 30 morts, dont quatre membres d’une famille de Lac-Beauport et deux autres Québécois, l’organisme de Trois-Rivières a suspendu ses stages Québec Burkina Faso, lesquels sont relocalisés depuis au Sénégal.

Cette décision de suspendre les stages au Burkina Faso a donc été prise bien avant la disparition de la Québécoise Édith Blais et de son compagnon italien Luca Tacchetto, dont les proches sont sans nouvelle depuis la mi-décembre. Une des hypothèses retenues est l’enlèvement par des djihadistes.

«Nous avions des projets de stages avec le programme Québec sans frontière et nous y sommes allés une fois avant les attentats de 2016. Ce voyage s’était très bien déroulé», mentionne Jean-Marc Lord, directeur général du Comité de solidarité/Trois-Rivières.

Lorsque le gouvernement du Canada a émis son avis consulaire à la suite des attentats de 2016 demandant aux voyageurs d’éviter ce pays, l’organisme a modifié ses projets. «Tous les projets de stages au Burkina Faso ont alors été relocalisés», précise M. Lord.

Le stage prévu de mai à août 2019 devrait donc, à moins que les avis des Affaires étrangères du Canada changent pour le mieux, se dérouler une fois de plus au Sénégal. «Ça fait trois ans que nous avons un projet qui doit se dérouler au Burkina Faso, mais comme la cote de sécurité ne change pas, il est toujours relocalisé au Sénégal», ajoute le directeur général du Comité de solidarité/Trois-Rivières. «Et il y a très peu de chance que la cote de sécurité change d’ici le mois de mai.»

Depuis les attentats de janvier 2016, le CS3R n’envoie plus de stagiaires au Burkina Faso, affirme le directeur général de l’organisme.

Ironiquement, les stages avec Québec sans frontière avaient été relocalisés au Burkina Faso, à la suite d’attentats survenus au Mali, la précédente destination.

Bien que le Comité de solidarité/Trois-Rivières n’envoie pas de stagiaires au Burkina Faso depuis 2016, l’organisme poursuit des projets humanitaires dans ce pays africain. Du 8 au 18 décembre dernier, une chargée de projet du Comité de solidarité, Julie Caron-Royer, et une enseignante au collégiale, également membre du conseil d’administration du comité, Madelaine Rouleau, se sont rendues au Burkina Faso pour faire le suivi sur un projet relatif aux changements climatiques mené conjointement avec un partenaire burkinabè. Les deux femmes se sont rendues dans le sud du pays, un secteur plus stable et plus sécuritaire. N’empêche que le Comité de solidarité/Trois-Rivières demandait pour des raisons de sécurité aux médias de ne pas parler de ce voyage avant qu’il soit terminé.

«En descendant de l’avion, notre partenaire local les attendait et elles ont été prises en charge rapidement», mentionne Jean-Marc Lord. «En aucun cas, on n’enverrait quelqu’un seul sans supervision dans un pays où la cote de sécurité est comme celle du Burkina Faso.»

Le gouvernement du Canada demande en effet aux Canadiens d’éviter tout voyage non essentiel au Burkina Faso. Tous les avis relatifs à la sécurité sont affichés sur le site de Voyage et Tourisme Canada, à voyage.gc.ca. La principale menace, selon le gouvernement canadien, est le terrorisme. «Lors des attentats en 2016 et 2017, les assaillants ont spécifiquement ciblé des endroits fréquentés par des étrangers. Si vous êtes à Ouagadougou, évitez d’aller dans les bars et restaurants fréquentés en majorité par les étrangers pendant les périodes achalandés», peut-on lire sur ce site.

Il n’y a pas que l’Afrique

Jean-Marc Lord avoue que les menaces terroristes et des groupes criminels sont très inquiétants. Et cela ne touche pas que le continent africain, précise-t-il. «On travaille beaucoup actuellement avec Cuba la Bolivie et le Costa Rica, parce que jusqu’au printemps dernier, nous étions beaucoup au Nicaragua. Mais ça s’est mis à brasser pas mal dans ce pays depuis et ce n’est pas rétabli», affirme le directeur général du Comité de solidarité/Trois-Rivières.

L’aspect de la sécurité fait bien sûr partie des formations offertes aux stagiaires par le Comité de solidarité/Trois-Rivières.

Ceux-ci sont également fortement encouragés à suivre des protocoles bien précis en cas de problèmes. «On est assez fort sur cet aspect. Il ne nous est jamais arrivé de gros pépins encore et on souhaite que ça demeure ainsi», soutient Jean-Marc Lord.

GABRIEL DELISLE

Le Nouvelliste

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