La police sénégalaise a annoncé, ce vendredi 8 mai 2026, le démantèlement d’un réseau de traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle à Tambacounda. Une ressortissante nigériane a été interpellée après les révélations d’une victime recrutée sous de fausses promesses d’emploi.
L’antenne régionale de Tambacounda de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) au Sénégal a mis au jour un réseau de traite de personnes impliqué dans l’exploitation sexuelle de jeunes femmes nigérianes.
L’information a été rendue publique ce vendredi 8 mai 2026 par la police sénégalaise à travers une publication sur sa page Facebook.
Selon les autorités, une ressortissante nigériane a été arrêtée le 2 mai dernier dans le quartier Liberté de Tambacounda. Elle est poursuivie pour traite d’êtres humains, exploitation sexuelle et proxénétisme.
L’enquête a été ouverte après la plainte d’une autre Nigériane, qui a affirmé avoir été attirée au Sénégal en mars 2025 avec la promesse d’un emploi de vendeuse. À son arrivée à Tambacounda, elle aurait toutefois été forcée à se prostituer afin de rembourser une prétendue dette de voyage estimée à «2,5 millions de francs CFA».
D’après les éléments recueillis par les enquêteurs, la victime avait déjà versé «1 630 000 F CFA» à ses exploiteurs, mais continuait de subir des pressions pour payer le montant restant, évalué à «870 000 F CFA». Elle aurait notamment été intimidée par des menaces mystiques impliquant un «Juju man» basé au Nigeria.
Lors de son audition, la suspecte a reconnu les faits. Elle a expliqué avoir collaboré avec d’autres compatriotes pour financer le déplacement de la victime à hauteur de «440 000 F CFA», dans le but de tirer profit de son exploitation sexuelle. Elle a également admis avoir utilisé des pratiques de «menace mystique» pour maintenir la victime sous son contrôle.
Une perquisition menée au domicile de la mise en cause a permis aux forces de l’ordre de saisir un téléphone portable, plusieurs documents d’identité, dont une fausse carte nigériane fabriquée au Bénin, ainsi que des préservatifs, du lubrifiant et une somme d’argent provenant des activités illicites.
Placée en garde à vue, la suspecte a ensuite été déférée devant le Tribunal de grande instance de Tambacounda.
Cette opération illustre la volonté des autorités sénégalaises de renforcer la lutte contre les réseaux de traite humaine et d’exploitation sexuelle, un phénomène transfrontalier qui continue de toucher de nombreuses victimes vulnérables en Afrique de l’Ouest.
Par Valentin SOMANDE





























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