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Burkina/Elections: une loi votée en faveur des candidatures féminines

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Les députés ont voté, ce mercredi 22 janvier 2020, une loi qui milite en faveur des candidatures féminines pour les élections législatives et municipales au Burkina Faso.

Les élus de la Représentation nationale ont adopté à 120 voix pour et 1 contre, le projet de loi portant fixation des quotas et modalités de positionnement des candidates ou des candidats aux élections législatives et municipales au Burkina Faso.

La Commission du genre, de l’action sociale et de la santé (CGASS) ayant porté ledit projet de loi, «est convaincue que (son) adoption permettra d’une part, de corriger les insuffisances de la loi en vigueur et d’autre part, de promouvoir une plus grande participation politique des hommes et des femmes, tout en améliorant leurs taux de représentation dans les instances élues», a affirmé le rapporteur, la député Mamata Tiendrébéogo.

Dans les débats au fond, certains élus ont salué cette initiative qui va «corriger une inégalité qui existe». Pour d’autres, le militantisme dans un parti politique est une «liberté fondamentale». Ces derniers pensent que les femmes elles-mêmes devraient s’affirmer de plus en plus par leur engagement politique à même de convaincre les dirigeants des partis et formations politiques. «Les partis ne sont pas en faute si le quota n’est pas respecté», a dit le député Kuiliga Nikièma du groupe parlementaire Union pour le Progrès et le Changement (UPC).

Pour donner la chance réellement aux femmes, qui font près de 54% de la population générale au Burkina Faso, certains députés demandent qu’on laisse les têtes de listes électorales aux militantes des partis politiques. D’autres par contre y voient en l’adoption de cette loi, un recul et appellent au «sacrifice» des femmes en vue de s’affranchir des «griffes des hommes qui ne sont pas prêts à leur laisser la place» dans les instances politiques.

Au Burkina, ce sont «170 partis politiques qui sont officiellement reconnus», a confié le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, Siméon Sawadogo, déplorant qu’il n’y ait que cinq seulement qui soient dirigés par des femmes. Pour lui, cette loi recouvre deux facettes parce qu’il y a une sanction positive et négative. Par exemple a-t-il expliqué, les partis contrevenants qui ne respecteront pas le quota tel que recommandé par cette nouvelle disposition, ils n’auront pas les 20% de surplus du budget global de campagne qu’on leur distribuera. Seules les organisations politiques en règle en bénéficieront, a-t-il clarifié.

La loi 2009 a fait dix ans, a rappelé Martine Yabré, consultante des questions féminines, espère que « celle-là, en 2020, on va l’expérimenter ». Pour cette féministe qui est sollicitée dans la plupart des préoccupations des femmes, cette adoption ne résout pas en profondeur leur attente. « Nous ne sommes pas satisfaits du contenu de la loi, mais on va y aller, on va tirer ensuite les conséquences ensemble », a-t-elle poursuivi tout signifiant que « quand même cette loi est forme de volonté politique des autorités ». 

Les innovations contenues dans le présent projet de loi permettant de remédier aux insuffisances constatées dans la loi de 2009 sont «la proposition d’une modalité de positionnement alternée femme-homme ou homme-femme des candidat(e)s aussi bien pour la liste des titulaires que pour celle des suppléants et la proposition d’un quota de 30% sur les candidatures en têtes de l’ensemble des listes de candidatures présentées».     

Par Bernard BOUGOUM

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