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Comment l’Afrique peut-elle sortir du doute?

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Les populations africaines ont été victimes d’injustices, d’affronts et de violences multiples. La liste des atrocités infligées aux Africains est sans fin et n’a pas d’équivalent moderne, à l’exception peut-être de l’Asie, en termes géographiques, et des Juifs, en termes ethniques. Ces multiples injustices ont été infligées par des étrangers et par des Africains eux-mêmes. Que se passe-t-il lorsque des personnes sont régulièrement brutalisées à cause de leur race? Leur histoire marginalisée et leur origine rejetée comme des bons à rien? Qu’advient-il des individus qui doivent renaître à partir de ces cendres?

Le manque d’estime de soi

Le doute de soi est inévitable, et l’estime de soi de ces personnes sera inférieure à la moyenne. En effet, c’est exactement ce que l’on voit en Afrique. Des nations entières sont touchées par ce manque d’estime de soi. Il y a une réaction brutale consistant à ne pas assumer la responsabilité de nos propres actes. Les politiciens exploitent ces tendances pour échapper aux crimes les plus horribles, car ils sont noirs comme nous, et donc nous pensons qu’ils ne vont pas nous nuire. C’est tellement invraisemblable d’être dominé par des gens qui partagent notre couleur.

Nous,  Africains, avons besoin de comprendre la nature du monde dans lequel nous vivons. Personne dans le monde ne réfléchit à la manière de réhabiliter notre estime de nous-mêmes. Personne ne s’en soucie vraiment, ce qui est normal car chacun a ses propres problèmes. Nous devons comprendre que personne ne peut réellement prendre l’Afrique au sérieux parce que nous sommes une non-entité économique. Tandis que le reste du monde découvre et utilise les idées nécessaires à une société prospère, les Africains pauvres et à faible estime de soi s’accrochent à des politiques socialistes, hyper étatistes alors même que nos gouvernements sont défaillants. Ces politiciens se comportent comme si cette voie était inéluctable.

Sous la coupe d’un Etat défaillant

Cette capacité à mettre nos avenir entre les mains de nos Etats n’est rien d’autre qu’un symptôme de nos propres peurs. Aussi compréhensible que soit ce complexe d’infériorité, nous devons trouver la force de nous en débarrasser. Personne ne viendra nous sauver et le reste du monde avancera en nous laissant derrière. En un sens, les Africains modernes perpétuent le pire du colonialisme. J’entends par là l’idée que les Noirs africains sont inférieurs parce qu’ils ne créent pas de valeur. Nous savons maintenant que cela est faux historiquement, mais les anciens Africains n’avaient pas à faire face à un complexe d’infériorité. Nous prouvons que les pires racistes ont raison en ne faisant pas confiance à chacun de nous pour se prendre en charge et en confiant notre avenir au gouvernement.

Une autre manifestation de ces tendances psychologiques négatives est la haine que nous avons l’un pour l’autre. En Afrique du Sud, par exemple, nous le voyons dans les attaques xénophobes contre des personnes à la peau foncée originaires d’autres régions d’Afrique. Au Nigeria, le président vient de signer un décret interdisant aux étrangers de faire un travail qu’un Nigérian peut faire. Il est étrange que la plupart des dirigeants africains prêchent le panafricanisme mais pratiquent le protectionnisme en Afrique. Les Européens, d’autre part, n’ont pas de concept philosophique fort du pan-européanisme, mais ils commercent néanmoins librement les uns avec les autres et font confiance à leurs citoyens pour agir en tant qu’individus sur un marché relativement libre. Y a-t-il quelque chose qui ne va pas quand nos actes ne concordent pas avec nos mots dans quelque chose d’aussi simple que d’ouvrir des frontières?

Comment s’en sortir ?

Les solutions aux problèmes de l’Afrique ne viendront pas d’une classe de dirigeants placée au-dessus de tout le monde et transportés par des voitures allemandes. Tous les Africains seront en mesure de définir leur propre destin. Il faudra, tout simplement, des droits de propriété privés et des marchés libres: les seuls mécanismes qui soient capables de nous conduire à la prospérité proche de celle du pays de Wakanda dans le film Black Panther. Pour y arriver, nous avons besoin d’Africains qui ont confiance en eux. Qui se fient à eux-mêmes pour créer et produire sans devoir se cacher sous la coupe d’un Etat pour cacher leur médiocrité. Des Africains qui se sentent égaux à n’importe qui dans le monde et qui puissent échanger, jouer et débattre avec qui que ce soit.

La persistance du collectivisme détruit l’espoir d’une nouvelle génération d’Africains : du socialisme au nationalisme en passant par le tribalisme ethnique, etc. Il ne semble y avoir aucune place pour l’individu; tout ce que vous trouvez, c’est un groupe de nos personnes les plus médiocres qui prennent des décisions pour tous les autres. Les peuples de ce continent ont besoin de leur propre révolution des lumières. Il ne s’agit pas nécessairement de reproduire ce que les Européens ont fait, mais de commencer à penser et à reconnaître que l’individu est toujours l’unité de base de la société. Les individus ne peuvent exprimer ce qu’il y a de mieux en eux que si on leur laisse le maximum de liberté pour poursuivre leur bonheur. Cela signifie également que tous les autres individus ont exactement la même liberté. Limiter liberté sur la base de la nationalité, la race, l’ethnie,.., détruit toujours la liberté de chacun. En effet, chaque limite équivaut à plus de pouvoirs donnés au gouvernement. Cela signifie que les politiciens peuvent faire plus contre certains individus et que chacun peut faire moins avec et pour les mêmes individus.

Je suis fatigué d’une Afrique pauvre et abattue. Je suis fatigué de la rhétorique émotionnelle qui ne nous mène nulle part. Je veux faire partie de la génération qui arrive à la terre promise. Pour cela, il faudra beaucoup de travail, mais il faudra surtout libérer le potentiel des personnes magnifiques qui vivent sur ce continent quels que soient leur tribu, leur race, leur religion, leur sexe ou leur sexualité.

Mpiyakhe Dhlamini, analyste pour The Free Market Foundation

Article publié en collaboration avec Libre Afrique.

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