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Convocation Bassolma Bazié: le verdict du Conseil attendu au plus tard dans un mois

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Me Prosper Farama en noir, à gauche, suivi de Bassolma Bazié en veste noire au milieu

L’audition du professeur certifié de Science de la vie et de la terre (SVT) du lycée Philippe Zinda Kaboré, Bassolma Bazié, par ailleurs secrétaire général de la Confédération générale du Travail du Burkina (CGT-B), en Conseil de discipline, s’est tenu ce lundi 21 septembre 2020, à Ouagadougou, a constaté un journaliste de Wakat Séra. A l’issue de l’audience qui a duré trois heures d’horloge, Me Prosper Farama, avocat de M. Bazié, a affirmé que son client « a toujours été respectueux des lois », avant d’annoncer que le verdict du Conseil de discipline est attendu au plus tard dans un mois, selon les textes.

Après la rencontre du vendredi 17 septembre 2020 qui avait été renvoyée ce lundi 21 septembre à la demande de la partie défenderesse pour compléments d’informations, les parties prenantes à cette affaire ont débattu dans le fond du dossier.

Ce lundi matin vers 8h00 (GMT), plusieurs dizaines de personnes, munis des drapeaux et arborant des tenues à l’effigie de la CGT-B, ont pris d’assaut la Direction de la Recherche en Education non formelle (ex-DRINA), sise à Zogona, un quartier populaire situé au Centre-est de la capitale burkinabè. Le « Général » Bassolma Bazié, comme ont l’a affectueusement surnommé ses admirateurs, venus pour répondre à la convocation des autorités éducatives, avant d’entrer dans la direction pour le Conseil de discipline, a rassuré ses partisans.

Une vue de la foule qui attendait Bassolma Bazié

Des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS), une unité d’élite de la Police nationale ont été déployés pour sécuriser le périmètre de l’ex-Drina (DRENF). Munis de leurs armes de maintien d’ordre, ces agents filtraient le passage en opérant des fouilles minutieuses et ne laissaient passer que ceux qui ont une autorisation expresse ou une raison valable pour avoir accès dans l’enceinte de la direction.

Les journalistes mobilisés pour cette affaire qui se veut pédagogique, ont été soumis à une problématique de quota. Les responsables de la sécurité ont d’abord autorisé huit journalistes à avoir accès à la direction. Selon leurs explications, la salle étant petite, l’ordre leur a été donné de ne pas laisser un nombre important de personnes rentrer dans l’ex-Drina. Mais, avec les tractations et autres négociations, ils ont finalement exigé des documents d’identités et professionnels des confrères avant de les laisser accéder à la direction très protégée à ses quatre coins.

Des premiers mots de Me Prosper Farama, la partie défenderesse est confiance dans cette affaire. Selon ses précisions, il est reproché au « Général » Bassolma Bazié, « de n’avoir pas exécuté une instruction tendant à accomplir un volume horaire de dix heures au lieu de trois, qu’il accomplissait depuis près de sept ans au lycée Philippe Zinda Kaboré ». M. Bazié a tenu à expliquer d’abord au Conseil qu’ « il était déjà satisfait de venir s’expliquer », a-t-il ajouté.

Des drapeaux des syndicats de la CGT-B flottant en l’air

Le SG de la CGT-B, « n’a jamais entendu se mettre au-dessus de la loi. Il a toujours été respectueux des lois. Et d’ailleurs au Conseil de discipline nous avons exposé ses notations et évaluations depuis sept ans », a déclaré Me Farama. « J’ai été moi-même très surpris de voir qu’un agent de la Fonction publique pendant sept ans a eu des notations de 9/10, continu, avec des propositions soient de félicitations ou de décorations », a-t-il dit.

« Mais que curieusement ce soit à partir de 2019, l’année où il reçoit encore 9/10, où son supérieur fait une mention en disant, il faut le féliciter, où il dit encore qu’il faut améliorer ses conditions de travail, j’entends par là, le décharger un peu plus de ses fonctions, de ses obligations professionnelles, d’assumer sa fonction de représentant syndical. Et c’est cette année qu’on choisit pour le traduire en conseil de discipline », s’est dit perdu l’avocat du « Général » qui dit ne rien comprendre à la démarche du Conseil de discipline.

« Nous sommes dans un Etat de droit. M. Bazié n’est pas au-dessus de la loi. Si on estime qu’il a fauté on le juge. Sauf que nous, nous estimons qu’aucune faute n’est commise », a affirmé Me Prosper Farama. « Aucune faute pourquoi, parce que le gouvernement lui-même depuis 2010 traite de la question des permanents syndicaux. Les permanents syndicaux signifient que l’Etat s’engage à ce que des agents des syndicats, notamment des responsables désignés qui sont agents de la Fonction publique ou même travailleurs du privé soit mis à disposition du syndicat. Donc, ils travaillent dans le syndicat mais ils sont payés par la Fonction publique », a clarifié l’avocat du porte-parole des syndicats en lutte pour la suppression de l’Impôt unique sur les Traitements et Salaires (IUTS), élargis aux primes et indemnités des fonctionnaires.

Alors, comment comprendre qu’un Etat qui admet ce principe « puisse reprocher à un responsable syndical de ne pas respecter le volume horaire légal imparti aux enseignants », s’est interrogé Prosper Farama. « Je me demande si au Burkina Faso, je m’excuse auprès des enseignants hein, s’il y a un seul enseignant qui accompli le volume horaire imputable aux enseignants. Pas parce qu’ils ne veulent pas, parce que l’organisation est faite de telle sorte que jamais ça ne se fasse, je crois », a-t-il poursuivi.

Une vue de la foule maintenue à distance de la direction par les agents de la CRS

Ainsi, lui et son client qui ont exposé leurs arguments au Conseil, « espèrent que le Conseil, aura tenu compte de (leur) argumentation ». Pour la défense, cette affaire n’était pas une affaire de Conseil de discipline. « Sauf s’il y a d’autres appréhensions, sauf s’il y a d’autres considérations subjectives, nous ne voyons pas pourquoi et comment, on pourrait sanctionner M. Bazié », a renchéri son avocat qui attend maintenant la décision du Conseil.

« Si elle nous convient, pas de problème. Si elle ne nous convient pas, nous aviserons. Je le dit et le répète, la question qui se pose, ce n’est pas une question de M. Bazié. Nous avons répété au Conseil. Au-delà de M. Bazié, c’est la problématique de l’Etat de droit au Burkina Faso », a dit Me Prosper Farama, pour qui, « dans un Etat de droit, les syndicats ont une place forte. Et ce qu’il fait c’est pour l’ensemble des fonctionnaires et des travailleurs du Burkina Faso ». Donc, « c’est pour cela que la loi lui confère l’allègement. J’espère que le Conseil l’a compris, mais surtout que le gouvernement l’aura compris. Et qu’il n’y a que dans la discussion qu’on résout ces genres de problèmes mais pas en traduisant les responsables devant le Conseil de discipline », a conclu le défenseur de l’aveugle et de l’orphelin.

A la fin de l’audience, après avoir accordé la primeur de l’information aux journalistes, les partisans du « Général » qui ont attendu durant les trois heures de débats sous le soleil, ont lancé leurs cris de guerre pour accueillir leurs responsables qui leurs ont demandé de rallier la Bourse du Travail du Travail au Centre-ville, pour des plus amples informations sur l’audience.

Par Bernard BOUGOUM

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