Accueil A la une Destitution de Jeanine Mabunda en RDC: le FCC un léopard en papier?

Destitution de Jeanine Mabunda en RDC: le FCC un léopard en papier?

La désormais ancienne présidente de l'Assemblée nationale de la RDC (Ph. d'archives)

Le Front commun du Congo (FCC) de l’ancien président congolais, Joseph Kabila n’est-il qu’un léopard en papier? Cela en a tout l’air. Le divorce consommé entre cette structure et le Cap pour le changement (CACH) du chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, qui a fait voler en éclats la coalition qui gérait les affaires en République démocratique du Congo (RDC), vient de faire sa première victime en la personne de Jeanine Mabunda, la présidente de l’Assemblée nationale. Alors que la grosse interrogation tournait autour des moyens dont disposait l’informateur, nommé par le président congolais, pour former une nouvelle coalition pour sortir des chaînes qui le ligotaient, la destitution, ce 10 décembre, de cette proche du «raïs» congolais est tout un symbole.

C’est surtout la preuve que par les consultations nationales tous azimut, qu’il vient de mener, le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), est bien en mesure de renverser la vapeur et recomposer le jeu politique. Tout porte à croire que Joseph Kabila, dont le dessein, à peine voilé est de garder officieusement la main sur le pouvoir en RDC, et de revenir aux affaires, le cas échéant, pourra être contrecarré, toute chose qui donnera afin le pouvoir, dans toute sa réalité, au fils de feu Etienne Tshisekedi, l’infatigable et historique opposant des régimes qui se sont succédé, du Zaïre à la RDC, de Mobutu Sese Seko, aux père et fils Kabila.

Certes, il ne faut pas vendre la peau du loup avant de l’avoir tué, Joseph Kabila, ayant toujours fait la preuve qu’il a plus d’un tour dans sa gibecière. De plus, ce vaste pays à la taille d’un continent, toujours en ébullition par les conflits du Kivu, et objet de tant de toutes les convoitises pour son sous-sol riche en diamant et autre pierres précieuses, ayant le secret de tous les politiquement possibles. Car, Jeanine Mabunda pourrait n’être que le mouton de sacrifice du FCC, auquel appartiennent les 341 députés sur 500 de l’Assemblée nationale et les 98 sénateurs sur les 109 du Sénat, la chambre haute du parlement qui, entre autres, vote les lois et contrôle le gouvernement et les grandes entreprises.

Pour calmer le jeu au sein d’un parlement devenu un champ de bataille, depuis quelques jours entre pro Kabila et pros Tshisekedi, l’ancien président, connu pour sa ruse légendaire, peut bien, comme la souris, souffler et mordre ensuite. Il est peut-être un peu ébranlé par cette rupture courageuse, pour ne pas dire le volte-face de «Fatshi», mais n’a certainement pas dit son dernier mot. Sauf qu’avec l’appui de la communauté internationale, et le soutien des anciens opposants de Kabila, notamment l’ancien locataire de la Cour pénale internationale (CPI), Jean-Pierre Bemba, et l’ancien exilé, Moïse Katumbi, Félix Tshisekedi, a, là, des chances réelles de mettre fin à cette hégémonie de Joseph Kabila sur la politique au sommet en RDC. Les deux anciens bannis de la république sous Kabila, auront ainsi obtenu une revanche sur leur ancien bourreau. Ce qui leur manque le moins, ce sont les stratégies, et pourquoi pas, les espèces sonnantes et trébuchantes pour aller faire voir ailleurs, les députés et sénateurs proches de Joseph Kabila.

La recomposition de l’échiquier politique en RDC, au profit de Félix Tshisekedi et du CACH, qui ont payé cash leur compromission avec Kabila, n’est donc plus une chimère. Elle est même possible, si le président de la république manœuvre avec tact. Et ce sera, enfin, le vrai départ de Joseph Kabila du palais de la Nation qu’il continue de hanter de loin.

Par Wakat Séra

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