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États-Unis: le patron de l’Armée jette l’éponge

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Le secrétaire américain à l’Armée de terre, Dan Driscoll, a remis sa démission au président Donald Trump, lundi 31 août 2026, après plusieurs mois de tensions avec le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. Ce départ vient accentuer les turbulences au sommet du Pentagone, déjà marqué par plusieurs changements controversés dans la hiérarchie militaire.

Le torchon brûlait depuis plusieurs mois au sommet de l’appareil militaire américain. Dan Driscoll, secrétaire à l’Armée de terre depuis février 2025, a démissionné de son poste, le lundi 31 août 2026, dans un contexte de profondes divergences avec le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. L’information, d’abord rapportée par le Wall Street Journal, a ensuite été confirmée par plusieurs médias.

Selon ces sources, Driscoll aurait notamment fait part à Donald Trump de ses inquiétudes concernant la transformation et l’état de préparation de l’Armée américaine. Un responsable de l’Armée a confirmé qu’il avait «parlé au président de la situation actuelle de l’Armée et présenté sa démission».

Des divergences devenues insoutenables

Les relations entre Dan Driscoll et Pete Hegseth se seraient «fortement» dégradées à la suite de plusieurs décisions concernant la réorganisation du commandement militaire et le départ de hauts responsables de l’Armée. La situation s’est particulièrement tendue après le limogeage, en avril 2026, du chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Randy George. Selon Military Times, cette éviction, ainsi que d’autres départs au sein de la hiérarchie militaire, ont contribué à faire monter la tension entre les deux responsables.

Le départ de Driscoll intervient ainsi après une série de bouleversements au sein des forces armées américaines sous la direction de Pete Hegseth. Plusieurs hauts responsables militaires ont été écartés ou ont quitté leurs fonctions depuis son arrivée à la tête du Pentagone.

Proche du vice-président JD Vance, Dan Driscoll était également considéré comme une personnalité influente au sein de l’administration Trump. Ancien militaire ayant servi en Irak, il avait notamment été chargé de missions liées aux négociations entre la Russie et l’Ukraine.

La Maison-Blanche salue son bilan

Malgré les tensions entre les deux hommes, la Maison-Blanche a tenu à saluer le bilan de Dan Driscoll. Sa porte-parole, Anna Kelly, a déclaré le lundi 31 août qu’il avait été «hautement efficace» dans la mise en œuvre de l’agenda de Donald Trump au sein de l’Armée.

Selon elle, Driscoll a, notamment, contribué aux opérations militaires, au renforcement de la préparation et de la létalité des forces américaines, ainsi qu’aux négociations entre la Russie et l’Ukraine. La Maison-Blanche a également affirmé que «l’Armée américaine est plus puissante que jamais» grâce à son travail aux côtés du président Trump et du secrétaire à la Défense.

La démission de Dan Driscoll intervient alors que les États-Unis sont engagés dans des opérations militaires au Moyen-Orient. Elle ajoute une nouvelle dose d’incertitude à une institution déjà secouée par d’importants remaniements dans sa chaîne de commandement.

Une nouvelle zone de turbulences au Pentagone

Pour plusieurs observateurs, ce départ illustre les profondes tensions qui traversent actuellement le département américain de la Défense. L’Armée de terre a déjà connu plusieurs changements à sa tête, notamment avec le départ du général Randy George en avril et celui du général Christopher Donahue en juin 2026.

L’opposition démocrate n’a pas tardé à critiquer la gestion de Pete Hegseth et les nombreux changements intervenus dans la hiérarchie militaire. Le sénateur Jack Reed, figure démocrate de la commission des Forces armées du Sénat, fait partie des responsables qui dénoncent les conséquences de cette instabilité au sein du département de la Défense.

Avec le départ de Dan Driscoll, c’est donc une nouvelle page qui s’ouvre, dans un Pentagone où les rivalités internes, les remaniements et les interrogations sur l’avenir du commandement militaire américain continuent de faire couler beaucoup d’encre.

Par Valentin SOMANDE