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Nouveau gouvernement ivoirien: Alassane Ouattara bat le record de Houphouët Boigny

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Le président ivoirien, Alassane Ouattara (Ph. lopinion.fr)

49 ministres dont sept secrétaires d’Etat. Un record jamais égalé depuis l’accession du pays à l’indépendance en matière de formation de gouvernement. Un seul ministre, en l’occurrence Mamadou Coulibaly Sangafowa quitte le gouvernement, laissant le marocain de l’Agriculture aux mains de Kobenan Kouassi. On le disait en « palabres » avec Amadou Gon Coulibaly, le Premier ministre en raison de ses accointances avec l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori Soro. Il existait aussi une rivalité entre les deux Coulibaly pour le leadership à Korhogo, la plus grande ville du nord du pays. Ce jeu de chaises musicales est marqué par le retour aux affaires de plusieurs ministres qui avaient été débarqués. On note ainsi le come-back de Dosso Moussa, Sanogo Mamadou, Legré Philippe, Gaoussou Touré.

Le remaniement gouvernemental intervenu ce mercredi 4 septembre 2019, a accouché d’un nombre pléthorique de ministres. De la trentaine de membres, l’équipe gouvernementale est passée à 49 dont sept secrétaires d’Etat. Alassane Ouattara bat ainsi le record de Félix Houphouet Boigny qui avait constitué en 1986 un gouvernement de 40 personnes que la star du reggae, Alpha Blondy avait qualifié de «Ali Baba et ses 40 voleurs» dans une de ses chansons. Cette augmentation du nombre de «tabourets» autour de la table du conseil des ministres est liée à l’éclatement de certains départements. Ainsi, le ministère de l’Intérieur est scindé en deux, tout comme celui de la Construction. Paradoxe des paradoxes, un ministère de la Riziculture a été taillé sur mesure pour Gaoussou Touré alors qu’il existe déjà un département en charge de l’Agriculture, confié au père du mouvement «Sur les traces de Félix Houphouet Boigny», Kobenan Kouassi Adjoumani. Ce ministre, il faut le souligner est un pur produit du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), et est devenu aujourd’hui un pourfendeur acharné de Henri Konan Bédié, le président de cette formation politique.

En tout cas, ce gouvernement présente les allures d’une équipe formée pour cadeauter ceux qui ont lâché l’ancien allié devenu ennemi de Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié. Tous les ministres du PDCI qui ont tourné le dos au «Sphinx de Daoukro», ont gardé leur fauteuil.  Raymonde Goudou Koffi, Pascal Kouakou Abinan, Paul Danho Claude, Kobenan Kouassi Adjoumani,  Jean-Claude Kouassi,  Amedée Kouakou Koffi, Siandou Fofana, Félix Anoblé continuent donc de porter le travail de sape contre leur ancien mentor. «Le petit juge de Dimbokro», Epiphane BI Zoro est, quant à lui, nommé secrétaire d’Etat au Renforcement des capacités. On se souvinet comme si c’était hier, que c’est ce magistrat qui avait délivré un certificat de nationalité à Alassane Ouattara en 1999, provoquant l’ire de Henri Konan Bédié qui était prêt à barrer, en son temps, la route présidentielle au champion du Rassemblement des Républicains (RDR). L’autre fait remarquable est l’arrivée du Général Vagondo Diomandé, chef d’Etat-Major particulier du président Alassane Ouattara, à la tête du ministère de la Sécurité et de la Protection civile. Au passage, il faut rappeler que c’est cet officier supérieur de l’armée ivoirienne qui a été accusé d’avoir transporté de l’argent au Général Gilbert Diendéré lors du fameux putsch manqué de septembre 2015 au Burkina dont le procès vient de rendre son verdict. Quel est le message que Abidjan entend envoyer à Ouagadougou? Décrypteurs, à vos claviers!

Par Wakat Séra                 

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