Accueil Société Procès putsch manqué: le sergent-chef Zerbo « torturé » en Côte d’Ivoire?

Procès putsch manqué: le sergent-chef Zerbo « torturé » en Côte d’Ivoire?

L’instructeur commando, le sergent-chef Mohamed Lahoko Zerbo qui servait au sein de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) s’était réfugié en Côte d’Ivoire où il s’était fondu à la population, après le putsch manqué du 16 septembre 2015. Il a été mis aux arrêts le 20 novembre 2016 à Abidjan par des éléments de la Direction de surveillance du territoire ivoirien (DST) qui l’a entendu avant son transfert à Ouagadougou. L’accusé a rejeté, ce vendredi 25 janvier 2019 lors de son audition complémentaire, le procès-verbal dressé par les agents ivoiriens; car pour lui ses déclarations ont été faites « sous la torture ».

Revenu à la barre pour son audition complémentaire, le sergent-chef Mohamed Lahoko Zerbo a affirmé d’entrée de jeu qu’il maintient ses déclarations déjà faites devant la Chambre de jugement. Il a été le tout premier accusé à être interrogé à la barre, dans le cadre du procès du putsch manqué de 2015.

Le parquet et la partie civile qui ont voulu avoir des précisions sur les déclarations que le sergent-chef a faites devant les Ivoiriens, ont vu certaines de leurs questions rester sans réponse. L’accusé n’a pas voulu se prononcer sur ses questions et a souhaité que l’interrogatoire tourne autour des faits qui ont trait aux événements du 16 septembre 2015 et jours suivants.

« J’ai été torturé quand on m’a arrêté. C’est dans la cellule qu’occupait Blé Goudé que j’étais gardé nu et c’est dans un bidon d’eau comme celui de « Lafi » divisé en deux que je déféquais dans l’un et pissais dans l’autre », a révélé l’accusé.

Pour lui les enquêteurs ivoiriens avaient « leur fil conducteur. Ils étaient conditionnés ». L’accusé a alors regretté que le parquet ait transmis des « informations (qu’il) juge confidentielles » à un pays voisin. « Ils avaient mes photos, des photos de mission, des photos d’un peloton de l’armée et même les noms des chefs militaires du régiment (RSP) », a-t-il indiqué.

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Suite aux propos de son client, Me Idrissa Badini, a jugé ces faits « très graves ». Pour lui, « si ce que (son) client a dit est vrai, ce qui est vrai, c’est que nous n’avons pas de secret militaire ». « Nous sommes foutus. Comment la DST ivoirienne a eu une photo d’une mission secrète », s’est interrogé Me Badini.

Pour le parquet, quand un mandat d’arrêt est lancé, il y a « un minimum d’informations » sur l’intéressé qui l’accompagne afin qu’on puisse le retrouver. Il s’agit notamment du profil de la personne et sa photo. Selon le procureur militaire, pour ce qui est des noms des chefs du sergent-chef, c’est l’accusé lui-même qui les a communiqués aux enquêteurs ivoiriens, ce qu’a réfuté l’inculpé.

En ce qui concerne les actes qu’il aurait eu à poser lors des événements du 16 septembre 2015 et jours suivants, le sergent-chef Mohamed Lahoko Zerbo est resté sur sa première déposition devant le tribunal. « Je n’ai pas été au niveau du bâtiment de la salle du Conseil des ministres (le jour de l’arrestation des autorités). Tout acte que je posais était dans le cadre militaire… Je ne me suis jamais opposé à un désarmement… Je suis un commando confirmé mais je ne suis pas invisible. Je ne suis pas indiscipliné », a soutenu le sous-officier supérieur qui a eu, au cours de sa carrière, « en moyenne deux lettres de félicitations par an, soit 12 en tout, et cinq médailles », selon son avocat.

Pour finir, l’accusé a laissé entendre, qu’il a épousé le métier des armes « par amour », notant qu’il est « pétri des compétences » qui malheureusement « dorment à la MACA (Maison d’arrêt et de correction des armées) ».

À la suite de son audition, le tribunal a informé que l’interrogatoire du général Djibrill Bassolé qui avait été suspendu, après le constat de l’absence de ses avocats dans la salle d’audience, se poursuivra quand ses conseils seront présents.

L’audience a été suspendue vers 14h05 et reprendra le lundi 28 janvier 2019 avec l’audition des témoins.

Par Daouda ZONGO

Encadré

Première liste des témoins

Biila Bénédicte Jean

Sawadogo Alidou

Sourwèma Noël

Nikiema Gomdoago

Ilboudo Mohamed Rachid

Ouédraogo Rasmané dit Raso

Nombré Karim

Niodgo Charles

Tapsoba Achille

Ouédraogo Michel

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