Accueil Monde Sénégal: tensions politiques à l’orée des législatives prévues fin juillet

Sénégal: tensions politiques à l’orée des législatives prévues fin juillet

L'opposition sénégalaise appelle à une manifestation le 31 juillet prochain

La principale coalition de l’opposition sénégalaise, Yewwi Askan Wi a appelé, le mercredi 29 juin 2022, à une nouvelle manifestation alors que les mobilisations sont interdites pour «menaces de troubles à l’ordre public» par les autorités administratives notamment à Dakar et dans plusieurs villes du pays, à l’approche des élections législatives prévues fin juillet prochain.

Depuis plusieurs semaines, les déclarations et contre-déclarations politiques, parfois virulentes, se sont succédé entre les principales coalitions du pouvoir et de l’opposition.

Pour ces législatives prévues le 31 juillet 2022, 165 sièges de députés sont en jeu. Une partie des représentants nationaux seront élus au scrutin majoritaire, sur les listes départementales et une autre au scrutin proportionnel, sur les listes nationales.

Mais le Conseil constitutionnel a retoqué la liste nationale de titulaires de Yewwi Askan Wi. Dans le même temps, il a rejeté la liste nationale de suppléants de la coalition présidentielle, Benno Bokk Yaakaar, pour défaut de parité.

La principale coalition de l’opposition, Yewwi Askan Wi a reconnu une «faute d’inattention» dans la confection de la liste où une même personne a été investie deux fois en tant que titulaire et en tant que suppléante. Finalement, la liste de suppléants a été validée mais pas la liste de titulaires, a rapporté RFI.

Le leader de l’opposition, Ousmane Sonko, maire de Ziguinchor, a donc été écarté de la course. Une «provocation», selon l’opposant.

Le mardi 7 juin 2022, le bourgmestre de la capitale de la région de Casamance, après la décision du Conseil constitutionnel, s’en est pris aux sept sages.

«Il y a des choses qu’on ne peut plus accepter dans ce pays. Au nom de l’exercice d’une profession, on se permet de piétiner la loi, de piétiner la Constitution et de mettre le pays en insécurité», s’était-il emporté, puis de poursuivre: «Ce qu’ils ont fait, c’est une violation flagrante de la loi. Il n’y a plus de justice dans ce pays », a-t-il déclaré.

Interviewé le jeudi 9 juin dernier sur RFI, le président Macky Sall a affirmé qu’il s’en remettait au Code électoral.

«Si vous faites une liste qui ne respecte pas ce que dit la loi, elle est éliminée, tout simplement. Nous, on a éliminé notre liste nationale de suppléants, parce que simplement il y a eu une erreur de juxtaposition, même si elle était paritaire. Mais c’est la loi. Elle est dure, mais c’est la loi», a tranché le président sénégalais.

Les deux principales forces politiques du pays campent sur leurs positions et s’accusent mutuellement d’attiser les tensions, a relevé la chaîne française.

Face à l’impasse, des responsables de la société civile et des représentants de chefs religieux ont multiplié les appels au dialogue. Des voix ont également appelé à reporter les législatives pour reprendre le processus à zéro et ainsi prendre le temps d’organiser des élections apaisées.

Par Lassané SAWADOGO (Stagiaire)

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