Accueil Monde RDC/Ebola: plus de 3 000 morts, une épidémie qui inquiète

RDC/Ebola: plus de 3 000 morts, une épidémie qui inquiète

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La flambée de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) continue. Selon le dernier bilan attribué à l’Institut national de santé publique congolais (INSP), publié ce mercredi 2 septembre 2026, 6 186 cas ont été recensés, dont 3 007 décès. Le taux de létalité rapporté s’établit ainsi à 48,6 %, tandis que 1 409 personnes sont données comme guéries.

Les chiffres donnent la mesure de la gravité de la situation sanitaire en RDC. Déclarée en mai 2026, cette nouvelle flambée, la 17e enregistrée dans le pays depuis l’identification du virus en 1976, a connu une progression rapide et s’est étendue à plusieurs provinces.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) souligne que l’épidémie est liée au virus Bundibugyo, une espèce distincte des virus responsables de plusieurs précédentes flambées d’Ebola. Au 28 août 2026, l’OMS faisait état de 5 794 cas confirmés et de 2 786 décès en RDC, dans six provinces et 60 zones de santé.

Une riposte confrontée à de nombreux obstacles

La situation demeure particulièrement préoccupante dans l’est du pays, notamment en Ituri et au Nord-Kivu. L’insécurité, les déplacements de populations, les mouvements transfrontaliers et les difficultés d’accès à certaines zones compliquent le travail des équipes chargées de la surveillance, du dépistage, de la prise en charge et du suivi des contacts.

À ces contraintes, s’ajoutent les difficultés liées à l’adhésion des communautés à certaines mesures de santé publique. L’OMS souligne notamment l’importance du dialogue avec les populations, de la détection précoce des cas, du suivi des contacts, des soins adaptés et des enterrements sûrs et dignes.

Pas encore de traitement ou de vaccin spécifique homologué

La particularité de cette flambée tient également à la souche Bundibugyo. À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique homologué contre cette forme de la maladie n’est disponible, même si des recherches et des essais sur des candidats vaccins et thérapeutiques sont en cours.

Cette absence ne signifie toutefois pas que la prise en charge est dépourvue de moyens. Les autorités sanitaires et leurs partenaires s’appuient sur des mesures de santé publique, la surveillance épidémiologique, l’isolement et les soins des patients, la prévention et le contrôle des infections ainsi que la mobilisation des communautés.

L’OMS a, par ailleurs, évalué, le 14 août 2026, le risque pour la RDC comme «très élevé», tout en estimant le risque pour l’Afrique et le reste du monde à des niveaux différents selon les zones et les capacités de préparation.

Une situation appelée à évoluer

Les bilans épidémiologiques restent susceptibles d’être révisés au fur et à mesure de la confirmation de nouveaux cas, de l’actualisation des décès et de l’amélioration de la surveillance. L’OMS avait d’ailleurs relevé, dans ses précédents rapports, que l’intensification du dépistage et des capacités diagnostiques pouvait entraîner une hausse du nombre de cas officiellement recensés.

Ainsi, derrière le seuil symbolique des 3 000 décès annoncé, le 2 septembre 2026, se dessine surtout une crise sanitaire complexe, où la progression du virus se conjugue aux difficultés sécuritaires, logistiques et communautaires. La priorité reste désormais de renforcer la surveillance, faciliter l’accès aux soins et consolider la confiance entre les populations et les équipes de riposte, afin de réduire la transmission et la mortalité.

Par Valentin SOMANDE