Le président zambien Hakainde Hichilema a officiellement entamé, ce mardi 1er septembre 2026, un second mandat à la tête de la Zambie. Une investiture qui intervient dans un climat politique particulièrement tendu, son principal adversaire à la présidentielle du 13 août, Brian Mundubile, étant détenu et poursuivi pour «trahison».
Le stade de Lusaka a vibré, ce mardi 1er septembre 2026, aux couleurs rouges de l’United Party for National Development (UPND). Des milliers de partisans de Hakainde Hichilema s’y sont rassemblés pour assister à la prestation de serment du président réélu, lors d’une cérémonie à laquelle n’étaient présents qu’un nombre limité de dirigeants africains, selon des médias.
À 64 ans, l’homme d’affaires devenu président rempile donc pour cinq nouvelles années, après avoir remporté l’élection présidentielle du 13 août. Selon les résultats officiels de la Commission électorale de Zambie, Hichilema a obtenu environ 60 % des suffrages, contre près de 38 % pour son principal challenger, Brian Mundubile.
Mais derrière les festivités de l’investiture, la controverse électorale demeure. Le scrutin du 13 août a été marqué par des accusations « d’intimidation, de restrictions visant l’opposition et de partialité en faveur du pouvoir ». Des observateurs ont également fait état d’irrégularités dans le décompte des voix, de l’arrestation de responsables de l’opposition et de la présence de militaires dans certains bureaux de vote.
Le 25 août, l’opposition avait annoncé avoir saisi l’Union africaine (UA), dénonçant notamment des entraves présumées aux voies de recours et appelant à une intervention avant l’investiture du chef de l’Etat. Cette démarche intervenait alors que le Cabinet Office zambien avait annoncé, le même jour, que la cérémonie de prestation de serment se tiendrait le 1er septembre, après l’expiration du délai légal de dépôt des recours.
Mundubile, de candidat à détenu
La situation de Brian Mundubile constitue l’un des principaux points de tension de cette nouvelle séquence politique. Arrivé deuxième à la présidentielle, le candidat de l’alliance NRPUP-Tonse-Pamodzi s’était réfugié après une perquisition de son domicile par les forces de sécurité, le 14 août.
Les autorités avaient affirmé que l’opération visait une milice présumée qui constituait «une menace pour la sécurité nationale». L’alliance de Mundubile avait, elle, vigoureusement rejeté ces accusations. Au cours de cette opération, un ancien ministre a été tué par balle et 11 membres du camp de l’opposant ont été arrêtés, selon plusieurs sources médiatiques.
Après près de deux semaines, Brian Mundubile et son colistier Makebi Zulu se sont finalement rendus à la police. Leur avocat a confirmé, le week-end des 29 et 30 août, qu’ils avaient été formellement inculpés de «trahison», une accusation qu’ils contestent. Reuters rapportait, le 30 août, que les deux hommes étaient détenus au commissariat central de Lusaka.
Cette arrestation donne ainsi une tonalité particulière à l’accession de Hichilema à son second mandat: le président prête serment alors que celui qui était arrivé deuxième à la présidentielle est derrière les barreaux.
Un bilan économique mis en avant
Arrivé au pouvoir en 2021 après avoir battu l’ancien président Edgar Lungu, Hakainde Hichilema est crédité d’avoir engagé un important redressement économique de la Zambie. Son premier mandat a, notamment, été marqué par des réformes économiques, la restructuration de la dette et la relance du secteur minier, dans un pays dont l’économie demeure fortement dépendante du cuivre.
Le chef de l’Etat devra désormais transformer ce bilan économique en nouvel argument politique, tout en répondant aux critiques qui dénoncent un rétrécissement de l’espace démocratique et une pression accrue sur l’opposition.
Hakainde Hichilema entame donc son second mandat avec une légitimité électorale revendiquée par les autorités, mais dans un contexte politique nettement plus fragile. Entre les accusations d’irrégularités autour du scrutin du 13 août et l’inculpation de son principal adversaire pour «trahison», la Zambie ouvre ce nouveau chapitre avec une question en suspens: le second mandat de Hichilema sera-t-il celui de la consolidation économique ou celui d’une démocratie sous tension ?
Par Valentin SOMANDE






































