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Reprise des cours au Burkina: des élèves se plaignent des masques qui les étouffent

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Des élèves, notamment du primaire, se plaignent des masques que le gouvernement leur a distribués pour limiter la propagation du coronavirus qui avait contraint les autorités à suspendre les cours depuis le 16 mars. Ces élèves disent suffoquer avec les cache-nez confectionnés spécialement pour eux, car, selon eux, les bavettes les serrent et les empêchent de respirer convenablement. Selon notre constat, la reprise des cours est effective ce lundi 1er juin 2020 dans les établissements où nous sommes passés à Dassasgho, un quartier populaire situé au Centre-est de Ouagadougou.

Après deux mois et demi de suspension des cours pour cause de Covid-19, les élèves des classes d’examens ont repris le chemin de l’école ce lundi. Le gouvernement avait annoncé, à ce sujet, des dispositions particulières pour essayer de contenir le coronavirus qui a atteint près de 900 personnes et fait 53 morts au Burkina.

Gustave Bonkoungou, directeur de l’école primaire Dassasgho E

A l’école primaire Dassasgho E, tout se déroule «bien», selon les responsables de l’établissement. «La rentrée a bel et bien commencé. Tous les enseignants sont présents de même que les élèves, sauf un seul absent, un garçon. Nous allons nous renseigner sur les raisons de son absence pour en savoir plus d’ici demain», a déclaré Gustave Bonkoungou, directeur de l’école Dassasgho E, ajoutant que «dans l’ensemble on ne se plaint pas trop, du moment où tout se passe bien».

Cette école compte un effectif de 39 élèves au CM2. Tous les élèves sont dans une seule salle, mais le directeur annonce qu’après la réunion avec son personnel, d’ici demain, soit ce mardi 2 juin, ils seront divisés en deux groupes. Du reste les 38 élèves présents étaient assis, deux par table-banc, de sorte à respecter la distanciation physique telle que recommandée par les autorités sanitaires.

Des élèves de l’école Dassasgho E

Mais ici comme ailleurs, les élèves ne sont pas à l’aise avec les bavettes qui, à les en croire, les étouffent. «La difficulté que je vais évoquer peut-être, c’est par rapport aux masques. La majeure partie des élèves se plaignent par rapport à la taille des masques. Ils disent que ça les serre», a poursuivi M. Bonkoungou qui a, également, relevé que «il y a certains élèves, dès que tu tournes le dos, ils veulent enlever les cache-nez», que le ministère à confectionnés pour les apprenants.

A cet effet, Gustave Bonkoungou a affirmé qu’ils ont « été dotés » en masques. « Chaque élève a reçu deux masques. Mais on nous a conseillé d’éviter de donner les deux masques à la fois, ainsi, en cas de problème, on pourra changer. La mairie nous a dotés en matériels d’assainissement et a même envoyé une équipe pour venir nettoyer, laver et pulvériser les salles de classe », s’est réjoui le directeur de l’école Dassasgho E.

Cache-nez estampillé MENAPLN décrié par des élèves

A l’école primaire de Dassasgho A, «tout se déroule très bien», également, selon les propos du directeur, Georges Kontougma. «Depuis ce matin nous avons reçu les élèves. Nous avons aussi commencé avec les premières concertations qui visent à organiser cette reprise pédagogique de façon effective pour l’intérêt général des élèves d’un effectif de 63, tous présents d’ailleurs», a dit M. Kontougma.

Mais qu’en est-il des recommandations sanitaires? Elles sont «respectées ici. Les enseignants veillent à cela. Je pense que vous avez constaté le dispositif de lave-mains, le port du cache-nez et la distanciation physique. Tous les élèves ont des masques. On les a scindés en deux classes», a rassuré le directeur, en faisant noter que son établissement a été aussi doté du minimum en matériel d’assainissement pour cette reprise.

Pour le respect des gestes barrières contre le Covid-19 qui sévit dans le monde entier actuellement, «il y a d’ailleurs des modules que les enseignants vont dispenser avant de commencer véritablement leur travail», a conclu Georges Kontougma.

Georges Kontougma, directeur de l’école primaire de Dassasgho A

Même réalité à l’école primaire Nabonswendé. «Par rapport à la rentrée des classes, il n’y a pas de souci. Nous bénissons Dieu car tout se passe bien. Tous les enfants sont là, les enseignants également», a affirmé le directeur de l’école, Jean Yaméogo, relevant que «les enfants sont contents de retrouver les classes». Dans cette école, les élèves en classe de Cours moyen 2e année (CM2) sont au nombre de 71. Pour respecter les consignes sanitaires édictées par les autorités dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, ils ont été répartis en deux groupes pour occuper deux salles.

Ainsi, «ils sont donc bien espacés et à l’aise», affirme M. Yaméogo qui a souligné que son école a bénéficié d’une dotation en cache-nez et savons, mais pas reçu de dispositif de lave-mains. Donc ce volet a été pris en charge par l’établissement lui-même pour protéger les enfants de l’infection.

Jean Yaméogo, directeur de l’école primaire Nabonswendé

Pourquoi tous les élèves ne portent-ils pas les bavettes estampillées MENAPLN, le ministère en charge de l »Education nationale? Le directeur de l’école Nabonswendé, dans sa réplique a fait savoir que les élèves s’étant plaint de la petitesse des cache-nez qui les empêchent de bien respirer, «des parents les ont remplacés par d’autres pour leurs enfants. Sinon les enfants n’étaient pas à l’aise dedans».

Et voici l’avis de Jean Yaméogo, sur les programmes de cours qui sont dispensés sur des chaînes de télévision et radios: «C’est bien mais il y a un mais. Si l’enfant est face à son enseignant, il peut poser des questions et les deux peuvent échanger».

Une élève se lavant les mains à l’école Nabonswendé

«Mais, comme les enseignants suivaient également ces cours, à la télé et à la radio, ils ont pris bonne note et vont reprendre certains aspects dans les classes, sinon, il y a par exemple des termes utilisés que les enfants ne peuvent pas comprendre. Il fallait donc employer d’autres synonymes beaucoup plus compréhensibles pour les enfants», a conclu le directeur de l’école de Nabonswendé sur le sujet.

Au moins 400 000 apprenants iront à l’assaut de leur premier diplôme.

Par Bernard BOUGOUM

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