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Six cadavres dans une fosse commune, le macabre mystère qui secoue la Guinée

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La découverte, le lundi 24 août 2026, de six corps dans une fosse commune à Sabakhouré, dans la sous-préfecture d’Allassoyah, préfecture de Forécariah, continue de susciter émoi et interrogations en Guinée. Les victimes, toutes des hommes, ont été retrouvées les «mains attachées» et «les yeux bandés». Alors que la justice a ouvert une enquête, plusieurs organisations réclament des investigations indépendantes pour identifier les victimes et déterminer les circonstances de leur mort.

Le mystère reste entier à Forécariah en Guinée. Dans cette localité située à environ une centaine de kilomètres de Conakry, la découverte de six dépouilles enfouies dans une fosse commune a plongé la population dans la stupeur.

Les corps ont été retrouvés le 24 août 2026 dans une zone forestière de Sabakhouré, relevant de la sous-préfecture d’Allassoyah. Selon l’Agence guinéenne de presse (AGP), ce sont des jeunes partis chercher du bois de chauffe qui ont donné l’alerte après avoir remarqué des signes inhabituels dans la forêt.

Les premières constatations sont particulièrement troublantes: les six victimes de sexe masculin, avaient les mains ligotées et les yeux bandés. L’une d’elles serait âgée d’environ 60 ans. Leur identité n’a, à ce jour, pas encore été établie.

Alertés, les responsables locaux ainsi que les forces de défense et de sécurité se sont rendus sur les lieux, accompagnés du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Forécariah. Après les constatations et l’exhumation, les dépouilles ont été transférées à l’hôpital préfectoral de Forécariah pour les opérations d’identification et les examens médico-légaux.

Le maire de la commune rurale d’Allassoyah, Ibrahima Soriba Touré, a qualifié les faits de «crime inadmissible», appelant les autorités à prendre des dispositions pour qu’un tel acte ne se reproduise pas.

Les interrogations se multiplient

L’ouverture d’une enquête judiciaire n’a pas suffi à calmer les inquiétudes. La Coalition nationale Tournons La Page Guinée (TLP-Guinée) a demandé, le 26 août, une enquête «indépendante, transparente et crédible», avec l’appui d’experts légistes nationaux et internationaux.

L’organisation s’interroge également sur la possibilité d’exécutions extrajudiciaires, sans toutefois que cette hypothèse soit établie par les investigations en cours.

De leur côté, les avocats du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) ont réclamé des autopsies indépendantes ainsi que des comparaisons ADN afin de parvenir à une identification formelle des victimes.

La Commission nationale de défense et de sécurité (CNDS) a, pour sa part, appelé à la prudence. Dans un communiqué rendu public le 29 août 2026, elle a indiqué qu’à ce stade des investigations, «aucune conclusion définitive ne peut être tirée» et a rappelé que les dépouilles avaient été transférées à l’hôpital de Forécariah pour permettre leur identification et déterminer les causes et circonstances des décès.

Paris appelle à la transparence

L’affaire a également suscité une réaction de la France. Le 27 août, le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay, Glenn Salic, a déclaré que «la France fait part de sa vive émotion» après la découverte des six corps.

Paris a également appelé à ce que l’enquête engagée par la justice guinéenne soit conduite «en toute indépendance et en toute transparence».

Cette réaction intervient alors que plusieurs organisations de la société civile africaine ont également demandé une enquête indépendante. Selon des sources médiatiques, dans une déclaration publiée le 30 août 2026, une coalition de 20 organisations a, notamment, appelé à ce que «toutes les hypothèses soient examinées» et à ce que les investigations bénéficient de l’appui d’experts médico-légaux nationaux et internationaux.

Une affaire qui rappelle un précédent

La découverte du 24 août ravive également le souvenir d’une précédente fosse commune mise au jour dans la préfecture de Forécariah en octobre 2025. Selon plusieurs sources médiatiques, quatre corps avaient alors été découverts dans la même préfecture.

À la date du 1er septembre 2026, l’identité des six victimes et les circonstances exactes de leur mort restent donc inconnues. Si la justice guinéenne a bien ouvert une enquête, les appels se multiplient pour que celle-ci permette de faire toute la lumière sur ce drame, loin des spéculations et des accusations non étayées.

Par Valentin SOMANDE